θ…comme θάλασσα

2018_03_09_Paxos_DSC09673Il y a 2 jours, mon fils a fêté ses 16 ans, d’autant plus surprenant que mon âge à moi est resté bloqué à 29. Cet enfant, 1,80m au garrot, 43 aux pieds, cet enfant disais-je, est un contemplatif, du genre plongé dans les bouquins en permanence. Les chiens ne font pas des chats, me diraient mes propres parents. Donnez-lui un livre (ou un kindle parce que ça en fait plus, préciserait-il) et il est heureux. Dans sa chambre, dans l’avion, dans la voiture, au restaurant, il lit partout. La punition ultime c’est de le priver de lecture (ne levez pas les yeux au ciel)… Il y a cependant un endroit capable de le distraire de ses lignes imprimées ou peut-être est-ce simplement la peur de coincer quelques grains de sable entre les pages ? En tout cas, la plage et surtout la mer ont  un pouvoir hypnotique sur lui. Je le revois, beaucoup plus jeune, dans des contrées aux eaux chaudes et aux plages de sable blanc, tremper des heures durant dans la mer, balancé par les vagues, dans un doux bercement liquide. Il finissait par en sortir en rechignant lorsque nous nous inquiétons de sa cuisson au soleil tropical, les doigts fripés et les lunettes de natation lui faisant des cernes d’insomniaque. Ici, il y a un peu moins de sable blanc (quoique), un peu de criques et de rochers mais la mer, η θάλασσα, est merveilleuse.

Pour moi Thalassa, c’était un monsieur un peu bourru aux cheveux gris qui présentait une émission  de télé qui ne m’intéressait pas du tout quand j’étais gamine. Il y avait un poisson dans le générique mais pendant longtemps, je n’avais pas fait le lien entre le thème de cette émission et son nom pour le moins évocateur (j’ai fait latin, si vous voulez tout savoir). Il faut dire que ça parlait souvent plus de Bretagne, de mers froides et de voiliers que de cocotiers, de mers turquoise et de concrétions calcaires dans les baies thaïlandaises. Alors, moi forcément, je ne voyais pas trop l’intérêt, même à l’époque… Aujourd’hui, je dois dire que je ne regarde toujours pas l’émission ni ses rediffusions mais la θάλασσα grecque a su me convaincre de sa beauté et s’il y a une chose que je retiendrai de la Grèce, ce sera la beauté de ses côtes, la couleur changeante de l’eau et les tavernes les pieds dans l’eau dont les noms évocateurs m’ont permis d’enrichir mon vocabulaire.

Pour ce qui de la prononciation, le θ, theta, se prononce comme le « th » anglais (approximativement), un son glissé entre les dents que nos voisins de la Manche se sont appropriés sans problème alors que nous Français avons laissé tomber l’affaire, sûrement trop dur à prononcer. Aujourd’hui, le « th » passe en silence, il n’est plus qu’un un piège dans l’apprentissage de la langue de Molière, juste l’écume d’une vaguelette orthographique.

 

Cet article a 1 commentaire

  1. Bravo Sylvie comme toujours c’est un plaisir de te lire ! Tu as non seulement un humour qui me plaît beaucoup mais tu as la justesse des mots alliée au sentiments et aux sensations ! Très difficile pour beaucoup ! Continue toujours à écrire !!
    Bises

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