Al Ain – Ouaaah…di

Après Al Ain, côté culture, le Mâle nous avait concocté un programme sportif (ce qui après un régime foie gras-papillottes était bienvenu), un peu de off-road mais pas trop parce qu’on était tout seuls et surtout de la marche dans les wadis. Petit détail non sans importance : les wadis prévus  sont « techniquement » à l’extérieur des UAE, mais pour y accéder, un passeport suffit car ils sont situés avant les postes-frontières d’Oman. Pas de besoin de visas donc mais, en revanche, malgré toutes nos intelligentes stratégies, nous n’avons pas échappé à la taxe de sortie du territoire (35 AED par tête, enfants compris), ni à la perte inhérente de temps associée au passage de la frontière. Mais que nenni, nous avions fait le plein de baguettes et de chips à Carrefour (et pas de laughing cow, youhouhhh !), nous étions donc plein d’optimisme et de courage pour notre première journée de marche au programme de laquelle :

– des grenouilles qui se cachaient dans l’eau du wadi Madbah, vendu comme la plus haaaauuuute cascade des UAE… Certes, ce ne sont pas les chutes du Niagara non plus mais, le site est plutôt bucolique, très accessible en voiture et demande peu d’efforts de marche. Des « pools » sympathiques, dans l’une desquelles notre petit a même tenté la baignade (un peu fraîche en ce moment), une petite marche sur les rochers entre lesquels l’eau se faufile, un petit wadi sans prétention qui attire aussi les locaux en mal de pique-nique.

SONY DSC– des grains de sable plein les chaussures avec le site de Wonderwall, visiblement un spot d’escalade bien connu aux surprenantes dunes de sable, lovées au pied de la paroi bien raide dont de gros blocs doivent se détacher de temps en temps.

– des champs de coriandre dans la petite oasis de Khutwa, une petite palmeraie accrochée dans une vallée. Les falajs nous ont guidé, aléatoirement, entre les champs de choux fourrager et d’oignons verts. Au pied des palmiers, des hommes discutaient, nous saluant gentiment. Le muezzin, installé en plein air avec son micro au bord du chemin, nous a souri avant de lancer son appel à la prière.

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Au milieu d’un champ de blé, notre passage a provoqué le vol lourd de quelques perdrix, faisant sursauter la Drama-Teen. Sous le soleil doré de la fin d’après-midi, tout était doux et beau.

Le lendemain, refrontière, retaxe de sortie et évidemment rewadis avec, en premier lieu, les Hanging Gardens, au pied de Jebel Qatar. Sur le papier, cela semblait simple mais arrivés sur place, la montée initiale dans l’éboulis nous a nettement refroidis pour accéder à la grotte que nous vantait le Off-Road dans son teasing. Elle nous surplombait, un peu narquoise avec certainement une jolie vue mais la redescente, dans le sus-dit éboulis, ne nous enthousiasmait pas plus que cela en terme de sécurité. Nous avons donc longé la falaise minérale avant d’arriver à un petit havre de paix végétal dans une encoignure de la falaise. Petite pause biscuit pour recharger les batteries et essayer de faire taire la Drama-Teen râleuse (sans succès évidemment) avant d’envisager le retour.  Dans ma tête, j’essayais de me remémorer les lignes du Off-road, le traître qui n’avait pas parlé de ce vilain éboulis, décrivant la fin de la promenade : « prendre le wadi par la droite » ou alors « le longer par le fond » qu’il disait… sauf que sur place, le wadi n’est qu’un enchevêtrement d’énormes blocs et que passer sur le côté nécessitait des ascendances chèvres/mouflon assez prononcées alors de dépit, nous avons choisi le bas…

Nous avons donc escaladé, sauté, passé par dessus, passé par dessous, laissé des lambeaux de chair sur les plantes agressives qui protégeaient les rochers, râlé, ronchonné, transpiré. Ponctuellement, le Mâle partait en éclaireur reconnaître le terrain et le mécontentement grondait dans les rangs…. f***@$% de Off Road que je me disais, en train d’imaginer devoir faire demi-tour, bloqués par le « boulder » de trop et contraints de retourner à l’éboulis pour le faire cette fois-ci à la descente avec des perspectives réjouissantes (je suis l’optimisme) de chutes atroces sur des cailloux agressifs…  Heureusement, après quelques péripéties, le « côté » du wadi est enfin devenu accessible (le « off Road » aime l’euphémisme) et nous avons pu regagner sans trop de peine la voiture que l’on voyait briller au loin… Sportive sans aucun doute, jolie tout autant, la balade vaut la peine mais la chaussure agrippante est requise et si vous avez des sabots et des cornes, ce sera encore mieux…

SONY DSCAprès tout cela, ce fut la route vers Dubai, route pendant laquelle 80% des occupants de la voiture envisageait une sieste alors que les 20% restants (le Mâle) avait furieusement curieusement décidé qu’un wadi de plus était nécessaire et qu’il FALLAIT visiter le wadi Shuwaiyah… J’ai dit NON, il a dit  « SI », il avait le volant, on est allés au wadi Shuwaiyah… Heureusement, c’est la voiture qui a fait le gros du boulot et nos jambes ankylosés n’ont eu que quelques mètres à faire pour découvrir la rivière qui a creusé son lit dans la roche, créant une petite gorge sinueuse. Nous avons même reconnu que c’était très joli, le Mâle a pu se rengorger et nous avons enfin pu rentrer !

Alors Al Ain et ses wadis, c’était quand même assez woouaaaah !

2 Responses

  1. anne sophie

    J’adore, J’adore. Et, la prochaine fois, prenez nous avec vous car generalement, c’est moi qui me tape, seule, les plaintes de toute la marmaille (y compris LE drama-teen et le Male) (:-)

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