Alors Dubai, c’est comment ?

Un mois de présence ici et la question revient souvent : « ça te plaît Dubai ? »… En général, j’esquive la réponse car en réalité, je n’en sais rien. Pas là depuis assez longtemps, un peu enfouie sous des détails matériels insignifiants mais chronophages (où trouver une flûte à bec quand Carrefour n’en a plus ? et des oeillets ? et du papier plastique pour recouvrir les livres qui ne soit pas adhésif ? bref que du passionnant), je n’ai pas encore perçu la ville ou peu et de façon fragmentaire et pas forcément dans ce qu’elle a de plus attachant. Ainsi Sheikh Zayed Road et ses 7 voies par exemple n’est pas la quintescence du glamour mais est incontournable pour relier le nord au sud. De même Burj Khalifa, la plus haute tour du monde, est très jolie mais bon, on ne passe pas non plus sa journée à la regarder hein ? Du coup, pour en revenir à la question du début, je dirais que pour moi Dubai c’est :

– subir la chaleur écrasante de l’été et me sentir emprisonnée dans ma maison, faute de pouvoir faire une promenade en plein air.
– aller à la plage vers 17h00, regarder mes enfants jouer en suivant des yeux le soleil qui se couche sur la mer turquoise.
– faire un footing le matin dès les enfants partis à l’école et me dire que vraiment ce sport n’est fait ni pour moi et ni pour ce pays.
– me creuser la tête pour occuper les enfants le week-end et finir par abandonner en me disant, qu’une fois encore, il faudrait aller dans un mall faire une activité quelconque.
– écouter le petit s’exclamer qu’il voit la fameuse Burj Khalifa depuis la voiture et, vue sa taille (à la tour !), c’est souvent.
– procrastiner la sortie Ski (oui on peut faire du ski à Dubai) réclamée par notre Teen Boy pour être sûre de ne pas faire ça sans le Mâle qui, lui, aime la neige, le froid et le ski, c’est-à-dire tout ce que je déteste… Sauf qu’ici au moins quand tu as fini, tu ne grelottes pas en enlevant ta combi et tu n’as pas non plus le retour interminable à la maison en voiture avec les pieds gelés et les odeurs de chaussettes avariées.
– être encore surprise de voir les couples en habits traditionnels, elle en longue robe noire, l’abaya, associée à un voile lui aussi noir, le hijab couvrant tout ou partie du visage, lui en longue robe blanche, le dishdash, avec un keffieh blanc (ou blanc et rouge) sur la tête déambuler au milieu des gens vêtus à l’occidentale.
– voir les yeux magnifiques des femmes voilées, leur maquillage appuyé au khôl et sentir leur élégance cachée dans le bout d’une chaussure qui pointe sous la robe et la bordure joliment finie de l’abaya.
– m’émerveiller du spectacle des bougainvillées et des frangipaniers qui pointent leur nez devant ou derrière les murs des maisons des quartiers résidentiels dont le calme tranche avec l’effervescence insoutenable des malls ou l’agitation le long des grands axes routiers.
– entendre l’appel à la prière lancé par les muezzins tout au long de la journée et du coup savoir l’heure qu’il est sans regarder ma montre. Cerise sur le gâteau ou citron sur le tabouleh, me rendre compte qu’au bout d’un mois, je n’entends plus celui de 4h30 du matin et que ça c’est un grand progrès !
– être surprise de la concentration des mosquées au kilomètre carré.
– avoir un trajet en taxi égayé par les commenaires touristiques d’un chauffeur sympathique, amusé par ma méconnaissance des lieux et enthousiasmé par le fait que je partage la même nationalité que Zidane.
– écouter des radios en hindi dans les taxis qui ronchonnent quand j’hésite sur la route à prendre pour rentrer chez moi parce que moi et le sens de  l’orientation, on n’est pas copains.
– découvrir l’absence de transition entre le sable du désert et la ville dont on ne sait lequel des deux engloutit l’autre.
– prévoir des visites avec les enfants au musée ou dans les vieux quartiers et me dire que non, il faut encore attendre, attendre que les températures soient clémentes.
– découvrir le grand bleu du tous les matins et me dire que si sa couleur change cela n’a rien à voir avec la pluie.
– attendre l’automne et l’hiver pour enfin découvrir Dubai du dehors.

 

Cet article a 3 commentaires

  1. Toujours un plaisir de te lire de l’APCA, sous la grisaille du mois de septembre !
    Sylvie Feuilletin

    1. Hello Sylvie,
      Ca fait plaisir d’avoir des nouvelles de l’APCA ! Biz à toutes

  2. Bonjour Sylvie,
    Nouvelle destination ? pas de problème…. je suis toujours contente d’avoir de tes nouvelles.
    Bises tous !
    Francine

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