Ça vous tente ?

Les cahutes en paille sur la plage, la jonque sur le Mékong, le train de nuit en Malaisie, le camping-car en Nouvelle-Zélande, tout ça, nous l’avons fait, en famille, avec le sable ou les cafards dans les draps, les attaques de fourmis et de moustiques, le bruit des vagues ou la fraîcheur de la nuit… Il nous manquait une expérience : le camping. Attention, pas le camping de Ginette et Raymond avec le bloc sanitaires à 2 pas de la tente, la prise pour la télé et la partie de pétanque à l’heure de l’apéro mais le vrai camping avec retour à la nature, les cailloux qui font mal au dos et le vent qui souffle toujours dans le mauvais sens pour éteindre le réchaud : le camping sauvage, la manière supposée être la plus authentique pour visiter notre destination de voyage préférée de l’année, Oman ! Soyons très honnêtes, le Mâle n’était pas très chaud pour se ruiner les vertèbres sur des tapis de sol et se bousiller les mains sur les sardines des tentes mais j’ai usé de toute ma persuasion féminine pour parvenir à mes fins, à savoir la grève… de la recherche d’hôtels ! Cet argument allié à la présentation d’un petit budget comparant le coût de l’équipement et le prix des hôtels omanais a fini de convaincre le Mâle qui a soupiré, reconnu sa défaite puis pris ses clés de voiture pour aller dévaliser D**thlon la veille du départ pendant que je peaufinais l’itinéraire, l’œil rivé sur Google Maps pour repérer les pistes et les bivouacs potentiels.  Si le camping sauvage vous tente (jeu de mots subtil), les 10 commandements à suivre pour réussir votre séjour :

1. D’un Mâle (ou équivalent) tu te muniras. Tu n’oublieras pas de prétendre que la géométrie dans l’espace n’est pas ton fort et que tu n’es malheureusement pas capable de replier cette tente 2secondes sans lui péter les arceaux. Le Mâle sera donc officiellement chargé du montage et du démontage des engins. Pendant ce temps, tu as le champ libre pour immortaliser l’instant (avec les grimaces qui vont bien), boire ton thé cachée derrière un rocher ou commencer à ranger le coffre (moins drôle évidemment).

2. Dans ton itinéraire, des wadis tu inclueras. En effet, qui dit camping sauvage, dit pas de douche et sur une semaine, il est probable que, sans trempage dans l’eau douce, cela sente le chameau négligé dans la tente. Toute journée sera donc ponctuée de son petit bain dans le wadi que tu choisiras bien pourvu en eau, si possible avec de jolies piscines turquoise. Ah oui, le camping c’est aussi avoir des baignoires de luxe !

3. Dans ton coffre, tu n’oublieras pas Séraphine la Bassine, ton alliée pour la vaisselle, Rosette la Balayette pour ta bataille éternellement recommencée contre le sable et Gisèle la Pelle pour son aide précieuse dans l’enfouissement de certaines petites traces bien humaines. A ce sujet, essaie de choisir un terrain avec quelques petits reliefs ou arbustes permettant de garder un semblant d’intimité dans l’accomplissement des fonctions naturelles et donc de préserver un peu de dignité.

4. Des emplacements sablonneux tu choisiras pour planter ta demeure temporaire et ainsi avoir une couche plus confortable. Si la nature en avait décidé autrement et que c’est une colline bourrée de petites roches pointues qui t’accueille, n’oublies pas que tu as des enfants tout à fait capables de déblayer le terrain et d’utiliser leur récolte pour satisfaire leurs envies pyromanes et encercler le feu de camp qu’ils ont réclamé toute la journée.

5. De lampes frontales tu te muniras car dès 19h00, il fait nuit noire et le ciel, pour être étoilé, n’est cependant pas très lumineux. Ce sera l’occasion de te moquer de la tronche du Mâle (une fois de plus) et, accessoirement, de voir ce que tu fais lorsque tu prépares à manger/ fais la vaisselle/fais p*p*.

6. Dès 16h tu te mettras en quête du bivouac idéal. Ton idée du camping sauvage, c’est profiter des grands espaces, de te régaler de vues magnifiques au réveil alors que celle du Mâle c’est de trouver un mur pour se mettre à l’abri du vent (quitte à avoir une vue pourrie) et un sol meuble pour planter les piquets de la tente (alors que les cailloux pour lester, c’est si facile !). Ne confie donc surtout pas cette mission au Mâle ou alors fais semblant de lui demander son avis avant de prendre la décision toute seule (comme d’habitude quoi !).

7. Sur la plage, tu éviteras de t’installer car, à Oman, le sport national consiste à venir faire des tours de 4×4 sur la plage en faisant vrombir le moteur et voler des brouettes de sable. Par ailleurs, si tu constates une plus forte densité de tentes à un endroit précis, éloigne-t-en malheureux ! La nuit sera bruyante car les sonos sont branchées sur les batteries des sus-cités 4×4 ! Mieux vaut alors insérer quelques kilomètres entre les fêtards et toi, quitte à ne pas être bercés par le bruit des vagues et à dormir dans un cadre moins idyllique mais nettement moins sonore.

8. De la nourriture, ton deuil tu feras. Manger pour se nourrir, tel sera ton credo et il faudra oublier toute visée gastronomique, voire même t’asseoir sur tous tes principes diétético-équilibro-alimentaires. Certes, tu pourrais faire des BBQs dantesques et griller moultes victuailles (voire une chèvre qui passerait par là) dans le feu de camp mais, vu que tu as eu 10 min pour faire les courses avant d’aller te baigner dans le wadi (Cf 2. étape non négociable) et que les enfants ont ramassé 4 brindilles et 1 crotte d’âne pour faire le feu, de toute façon, tu te rabattras sur ton réchaud et ta casserole de pâtes à la sauce tomate. La « laughing-cow »  et le pain arabe seront de la fête à tous les repas et, parfois, une boite de thon omanais viendra égayer le pique-nique. Cela n’en donnera que plus de valeur aux pizzas qui t’attendent dans ton congélateur à ton retour après 6h de route.

9. Tes fauteuils de camping tu n’oublieras pas, oui, ceux avec l’orifice qui permet d’accueillir la  bière vespérale, celle qui te rafraîchit, désaltère et réconforte après une journée dans le désert et les kilos de sable avalés dans les descentes de dunes… Eh ben, non, on ne peut pas acheter d’alcool, ni en importer et tu te contenteras donc de la même briquette de jus d’orange que tes nains. Ton foie te remerciera et tu sefas bien assis (e).

10. Le Wifi et l’électricité tu oublieras. Ton téléphone sur l’allume-cigares tu brancheras comme l’adaptateur de ton appareil-photo que tu auras pris soin d’acheter avant de partir, histoire de pouvoir immortaliser toutes les étapes de ton périple et des les raconter sur un blog !

Cet article a 4 commentaires

  1. Merci pour ce partage d’aventure de camping sauvage et exotique! Humour et détails enchanteurs nous permettent une mise en situation très réelle ! Merci encore et bonne continuation dans vos découvertes !

    1. Merci !

  2. un jour on m demandait si j’aimais le camping, je savais que non mais
    dire pourquoi exactement j’avais oublié, maintenant ça y est je me souviens… Je n’avais le siège avec le trou pour la bière ni le wadi pour faire le bain MAIS j’avais les vaches qui léchaient la tente à 6h du matin et la bouse juste dehors à côté du piquet…

    1. :-))))

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