Tout dépend du point de vue

2017_04_04_Eubee_DSC05417Il ne faisait pas très chaud mais il faisait beau. C’était un peu rageant de devoir prendre les vestes mais on les a planquées dans le coffre et oubliées pour la journée. Il fallait faire environ 1h15 de route mais j’en ai profité pour chercher des infos sur notre destination et les garçons ont lu le dernier livre en leur possession. La route n’était pas particulièrement intéressante mais nous avons vu des chèvres se balader en pick-up et du colza qui faisait du pointillisme au milieu des champs verts et des arbres en fleurs. 2017_04_04_Eubee_DSC05414 Nous avons voulu visité un site archéologique malheureusement fermé mais juste au dessus il y avait une petite colline sur laquelle nous pouvions grimper. Le sentier était un peu raide mais c’est bon pour mon entraînement et mes cuissots rebondis. Nous n’avions pas tout à fait les bonnes chaussures pour crapahuter mais nous avons croisé des papillons et de petites anémones rouges. Il faisait chaud dans la montée mais au sommet, un bel olivier aux branches tourmentées nous a offert l’ombre de ses feuilles légères. De là-haut, on voyait des fils électriques qui griffaient le paysage mais avec la mer en arrière-plan, le joli théâtre antique nous est apparu comme surgissant du passé et de l’herbe haute. 2017_04_04_Eubee_DSC05431 Le site archéologique était entouré de barrières en vue d’une prochaine restauration et donc interdit à la visite mais entre les blocs tombés à terre, un vieux monsieur se promenait, certainement, à en juger par son sac plastique, à la recherche des chortas de son prochain repas. Sur le piédestal en pierre du sommet, il n’y avait plus de statue depuis longtemps mais nous y avons installé notre fils pourvu d’un magnifique bâton javelot dans une posture majestueuse. Il était un peu à contre-jour mais nous avons fait le plein de photos où il posait avec fierté, le sourire aux lèvres. La descente s’est faite dans les glissades involontaires mais pour éviter la chute, mon grand tenait fermement la main du petit, attendrissant comme toujours mon cœur de maman. Nous avions très faim mais c’était l’heure grecque pour le déjeuner (14h30) alors nous sommes partis à la recherche d’une taverne. Nous avons atterri sur le front de mer où un hôtel en ruine défigurait un peu la promenade mais les tables des petites tavernes étaient seulement à 3m du bord de l’eau.2017_04_04_Eubee_DSC05452 Sous le grand parasol, les garçons avaient peu froid mais ils sont allés sur les pierres chaudes se réchauffer comme des lézards en lisant, les pieds au dessus de l’eau claire. Les plats étaient classiques, semblables à ceux de toutes les autres tavernes mais la salade grecque et les gavros étaient enrichis de l’odeur de la mer et du son des conversations des familles qui se promenaient. Après le déjeuner, des clôtures nous ont empêchés de faire le tour de la petite presqu’île voisine mais nous avons marché jusqu’au petit port où de modestes embarcations attendaient le retour des beaux jours pour reprendre la mer.  Le port était minuscule mais c’était un petit havre de paix où un pêcheur repeignait tranquillement, au rythme des gorgées de son café, la coque de son bateau. Pour regagner la voiture, nous avons emprunté la petite route qui bordait une grande plage au sable un peu terne mais, sur le bord, les tamaris en fleur encadraient joliment les bancs bleus un peu défraichis. C’était dimanche, nous sommes allés mettre un pied sur Eubée du coté de Eretria. La balade aurait pu être quelconque mais elle avait le gout de ce dimanche tranquille et optimiste et la légèreté des jours paisibles. Tout dépend du point de vue.

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