Désert, wadi et mer – Oman #3

Fort Jalan Ali Bu HassanOman, cette fois-ci, vous l’avez compris, ce fut (principalement) en camping sauvage pour une expérience tout à fait originale et une perception du pays également différente des précédentes. Notre circuit, à la différence de celui-ci, était plus axé sur les plages, le désert et les wadis avec très peu de vrai off-road ce qui a contribué à ma grande zénitude pendant le séjour, zénitude qui m’a permis de supporter stoïquement les questionnements récurrents et infinis du Mâle sur la position relative de la voiture par rapport aux tentes, au feu de camp, au vent et au réchaud. Un itinéraire bien rempli, comme d’habitude car je suis toujours trop gourmande… Récit en mots et en images  de ce petit tour qui contient quelques must-do d’Oman :

As Sawadi BeachJour 1 : Dubai – Hatta (la frontière et ses multiples arrêts aux check-points, une épreuve le week-end mais une formalité lorsque c’est en semaine) – As Sawadi.

5 h de route environ pour rejoindre la petite plage de As Sawadi, notre premier bivouac en face de 3 petites îles croquignolettes et pas loin des bateaux de pêcheurs qui attendent le chaland pour monnayer un tour en mer. Ce ne sera pas pour nous car il fait frisquet et nous nous contentons de la plage de sable sombre aux coquillages roses (si, si !!! que des roses). Ce sera un campement spécial débutant  car nous nous installons sur l’aire de pique-nique qui jouxte la plage et qui est pourvue de toilettes, le grand luxe donc ! Pendant que le Mâle trépigne d’impatience pour monter les tentes, nous profitons de la plage et constatons que la parcourir  à pied est le comble de l’exotisme car visiblement la coutume veut que cela se passe en 4×4, 4×4 qui passeront et repasseront jusqu’à ce que la nuit les chasse, nous laissant au calme avec cependant un vent qui fera chanter les tentes une bonne partie de la nuit.

Wadi Bani KhalidJour 2  : As Sawadi – Wadi Bani Khalid – Wahiba Sands.

Pas mal de route (3h plutôt monotones) pour cette première journée avant d’arriver au Wadi Bani Khalid et d’y prendre notre premier pique-nique à la « laughing cow » sous le seul acacia placé stratégiquement en haut des rochers. Pour les non-amateurs de pain arabe et de laughing-cow, il y a un petit restaurant. Le Wadi Bani Khalid est une vallée rocheuse avec de larges vasques d’eau cristalline pour s’y baigner et on y accède après 5 min de marche depuis le parking, autant dire que le site peut être peuplé le week-end mais ce n’était pas notre cas. Superbe et pour ceux qui ne sont pas équippés de boulets d’enfants en bas-âge, il est facile d’accéder à des endroits un peu plus tranquilles si l’on prend la peine de continuer le chemin le long du wadi ou de faire des treks plus long pour les plus courageux. Un peu de crapahutage, un peu de baignade dans l’eau fraîche et magnifique du wadi et nous prenons la route (30 min) pour les Wahiba Sands.

SONY DSCLes Wahiba Sands, c’est le vrai désert qui s’étend sur plusieurs centaines de kilomètres et il est bien évident exclu de s’y aventurer seuls. Ne connaissant pas les lieux, nous décidons de booker dans un des camps et notre choix se porte sur l’Arabian Oryx Camp qui se trouve au bout de l’une des « vallées ». Dégonflage de pneux au Tyre Shop de Al Wasil et nous voilà partis sur une piste rectiligne aussi large qu’une autoroute pour environ 10 km. Le camp n’est pas trop grand et nous profitons des derniers rayons pour monter sur la haute dune qui le borde et regarder le coucher de soleil. En même temps que l’astre disparait, le vent se lève et avec lui disparaissent tous nos regrets de ne pas avoir fait un bivouac dans les petites dunes environnantes pendant lequel nous nous serions cramponnés toute la nuit aux arceaux de la tente et mangé tout notre repas avec sable inclus. Restaurant et douche, c’est le bonheur, nous en profitons car nous savons que ce seront les seuls du séjour ! Le lendemain matin, nous partons pour une petite activité sand-boarding que les enfants ont absolument adorée. Cela nécessitera par la suite un désensablage prolongé sous la douche, désensablage qui s’avéra cependant insuffisant car, après vérification ultérieure, nous constaterons que nous illustrons par l’exemple l’expression  « avoir les portugaises ensablées » !

Je vous la fais courte en terme de ressenti : j’adoooooooooooore le désert et ce paysage me fascine. Must-do absolu !

Jour 3 : Wahiba Sands – Jalan Bu Ali Hassan – route côtière – Ras El Hadd.

SONY DSCUn peu de culture dans la ville de Jalan Bu Ali Hassan avec un fort traditionnel en ruines que l’on ne peut pas visiter mais le mur d’enceinte est écroulé alors on en a profité quant même et une petite mosquée surprenante aux multiples domes dans laquelle, comme toujours, on ne peut pas rentrer. Sympathique sans être transcendental mais cette étape nous a permis de découvrir la jolie route qui longe la côte est d’Oman. Au milieu de l’après-midi, nous rallions Ras El Hadd et son port… Sur le papier ce devait être notre point de départ pour aller voir les  tortues mais, allez savoir pourquoi, le Mâle n’a pas voulu démonter la tente à 3h du matin pour le tour organisé de 4h ! En plus, ce n’est pas la bonne saison et je n’avais pas vraiment envie de participer au trouble de la tranquillité de ces animaux en train de pondre (vous aimeriez qu’on vous observe en train d’accoucher vous !?). Nous nous contenterons d’un bivouac dans la forêt d’acacias toute proche, forêt étant un bien grand mot pour les arbres disséminés dans une grande plaine caillouteuse. Qui dit arbres, dit bois et donc donc feu de camp ! Les enfants partent jouer les petits Poucets et le feu de camp deviendra le rituel de tous les futurs bivouacs et accessoirement nous nous mettrons tous à sentir la fumée. Le soleil se couche derrière les montagnes, le ciel est limpide, les étoiles innombrables, juste la nature dans toute sa beauté…

Jour 4 : Ras El Hadd – Al Ayjah – Sur – Wadi Shab.

Juste avant d’arriver à Sur, nous nous arrêtons à Al Ayjah. La mer est d’huile et avec le phare, les minarets et les petites maisons qui se découpent en arrière plan de la baie, le paysage est absolument charmant et très traditionnel. Quelques minutes suffisent pour visiter le highlight de Sur, les chantiers de construction des dhows encore faits  à la main et nous mettons le cap sur Wadi Shab, l’un des wadis les plus célèbres d’Oman.

SONY DSCAprès s’être garés, il faut emprunter, moyennant finances, une petite barque pour rejoindre le chemin qui est de l’autre coté du wadi. Après 20 minutes de marche, on quitte le lit tres large du wadi qui se resserre, créant des piscines d’eau verte merveilleuses. On suit les rochers sur le bord, c’est absolument superbe tout au long du chemin, changeant mais toujours impressionnant ! Après un peu de crapahutage sans difficulté que les enfants ont adoré, on atteint l’une des curiosités du Wadi Shab, une grotte à laquelle on n’accède que par l’eau et en passant par un boyau entre 2 rochers dont le haut est si étroit que la tête peut à peine passer (heureusement la partie sous l’eau est large et le reste du corps passe sans problème). Extrêmement impressionnant mais sans danger néanmoins et à faire avec un appareil photo étanche !  Encore un must-do d’Oman ! Retour à la voiture et recherche du bivouac que nous implanterons un peu au sud de Fins, après la très jolie White Beach déjà squattée par des campeurs, dans un endroit idyllique, certes un peu caillouteux mais avec vue sur la mer et micro-crique privée, le plus beau de nos bivouacs !

Jour 5 : Fins – Bimmah Sink Hole – Wadi Suway.

SONY DSCOman c’est un paradis pour les géologues. Des montagnes, des wadis, des couches qui se superposent, se chevauchent ou se croisent, des failles, des plateaux, des couleurs de roche qu’on croirait artificielles tellement elles sont irréelles. Nos lointains souvenirs de sédimentologie ne nous permettent plus de tout expliquer mais en tout cas de nous émerveiller, au grand désespoir de notre DramaTeen, devant le moindre caillou un peu spécial ou une géométrie particulièrement abstraite sur le flanc d’une montagne. Le Bimmah sinkhole fait partie de ces particularités géologiques. Si la légende dit qu’il a été formé par la chute d’une météorite, c’est en réalité ce que l’on appelle, dans mes montagnes, une doline, une dépression naturelle causée par l’érosion puis l’effondrement des couches rocheuses supérieures. Le Bimmah sinkhole en est un exemple de grande taille dans lequel on peut se baigner dans une eau turquoise translucide. Comme on ne peut se lasser des eaux turquoises, nous partons pour le Wadi Suway,  encore un must-do, au depart de Dibab pour rejoindre, en off-road, les grandes piscines qui remplaceront avantageusement notre douche. Une route facile, un atout mais aussi un inconvénient car ces grands bassins, dans lesquels les plus courageux sauteront du haut des rochers, sont renommés et attirent les tours operators. Heureusement, ces derniers ont des plannings serrés et la dizaine de 4×4 qui nous suivaient aura juste le temps de faire une pause photo avant de rebrousser chemin, nous abandonnant les lieux que nous nous ferons un plaisir de savourer tant dans l’eau que sur les rochers. Le soleil baisse, il est temps de repartir et trouver le bivouac qui se fera un peu plus loin, sur la côte de Daghmar sur une petite plage de sable noir aux galets brilants, obligeamment pourvue de dunes et de végétaux fournissant intimité, coupe-vent et bois pour le feu de camp, les ingrédients parfaits pour un campement réussi,

Jour 6 – la fausse bonne idée : Daghmar- As Sifah.

SONY DSCJ’avais bien planifié notre itinéraire de manière à ce que celui-ci se fasse plutôt à contre-courant des tours operators et surtout à nous rapprocher de Muscat afin de limiter le temps de trajet du retour que l’on sait être « so booooring ». Notre but était donc de conclure en beauté le séjour par une belle journée de plage et de choisir l’une des plus belles, celle d’As Sifah (réellement très belle) et de bivouaquer comme nous l’indiquait obligeamment la bible « Off-Road in Oman », un peu plus au sud pour la tranquillité… Sauf que c’était le week-end, que Muscat est tout proche, que des hordes de 4×4 avaient envahi les lieux et les plages et qu’ils avaient les mêmes sources d’information que nous. Si la taille de la plage d’As Sifah est largement suffisante pour ne pas s’entasser, le bivouac fut nettement plus rock’n’roll puisque tout le monde avait eu la même idée et qu’au final la plage tranquille s’est transformée en camping quasi comme à la Grande-Motte et en boite de nuit pendant une bonne partie du temps normalement imputé à notre sommeil ! Heureusement le lendemain, le calme était revenu et nous avons pris le temps d’une dernière baignade et d’un (heureusement) dernier pique-nique avec notre incontournable « laughing-cow »… Après désensablement des marmots, c’est le retour à Dubai, une route qui nous semble interminable et qui s’achève alors que le disque rouge du soleil disparait dans les sables du desert dubaiote, nous offrant une dernière belle vision pour le retour à la vie normale et à la douche !

 

Cet article a 4 commentaires

  1. Super circuit !
    Je te comprends complètement par rapport au off road : c’est toujours un peu flippant. On est jamais totalement tranquille !!
    Dommage pour As Sifah ! On m’a dit aussi qu’il y avait une plage magnifique. Mais avec tout ce monde vous n’avez pas dû vraiment en profiter 🙁

    1. Heureusement la plage elle-même est suffisamment grande pour ne pas se sentir envahis mais le secteur du bivouac lui était un peu overcrowded et la musique un peu… invasive !

  2. Super périple et vive laughing cow

  3. Qu’on ne me parle plus de laughing cow !!!!!!

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