Dimanche #Fail

Le week-end précédent, la Drama Teen était submergée de travail, celui d’avant, le Mâle avait le nez bouché était terrassé par un terrible microbe bulgare, le dimanche encore d’avant,  il faisait un temps abominable. Cela faisait donc quelques semaines que nos sorties, hormis les utilitaires incontournables, étaient plus que réduites. Voulant mettre le holà à la dégénerence musculaire familiale, aggravée par le retour dans notre cuisine des osso bucco, blanquettes et gratins (ben oui, il fait froid !), j’ai décidé unilatéralement et donc imposé de façon dictatoriale au reste de ma tribu que nous irions nous promener dimanche puique la météo prévoyait qu’il allait faire beau. Les ados ont râlé mais, rusés parents, nous avons inclus le déjeuner  dans la promenade : ils n’ont donc pas eu le choix que de nous suivre pour espérer remplir leur estomac, ce qui, à leur âge, tout de suite après le wifi, est le 2nd besoin fondamental (oui, le chantage à la nourriture est aussi une méthode éducative, si, si…). Direction le monastère de Dafni à quelques kilomètres à l’ouest d’Athènes : sortie mûrement réfléchie pour nous changer un peu de la mythologie et des colonnes puisqu’il s’agit d’art byzantin avec des mosaïques sur lesquels notre guide touristique s’extasiait. Cela s’annonçait pourtant bien. Le Mâle a, pour une fois, suivi les indications du GPS sans prendre d’initiatives hasardeuses et nous sommes arrivés à bon port. Sur place, il y a foule pour les jardins botaniques adjacents. Curieusement, plus nous nous approchons du monastère, plus le nombre de voitures garées diminue. Arrivés à la grille d’entrée, un panneau écrit à la main nous indique, obligeamment, que le monastère, actuellement en rénovation, n’est ouvert que le mardi et le jeudi… Fail#1..
Notre guide qui nous avait vendu du rêve byzantin nous avait donc purement et simplement menti ! Les enfants retrouvent le sourire, ravis d’échapper à la visite mais c’est sans compter sur des parents et surtout une mère dont un des rêves aurait été de devenir botaniste ! Nous embrayons donc directement sur les jardins, juste à côté, nous étonnant que notre guide (le perfide) ne les mentionne pas. Quelques centaines de mètres plus loin, au milieu des pins et de quelques plantes tristounettes et même s’il est vrai que la période hivernale n’est pas nécessairement la plus propice pour visiter des jardins dits « botaniques », nous comprenons mieux pourquoi le guide (à moitié perfide donc) avait omis ces jardins… Fail#2
Pour le principe car il s’agit de ne pas perdre toute crédibilité face à nos ados, nous poursuivons la promenade que nous qualifions de revigorante (toujours voir le verre à moitié plein !) à défaut d’époustouflante. Les enfants ne retrouvent de l’entrain qu’à l’annonce prochaine du déjeuner. Nous regagnons la voiture et nous dirigeons vers le bord de mer le plus proche, histoire de manger un bon poisson dans une taverne sur la plage. Nous arrivons très vite sur la côte. Echaudés par nos échecs précédents, nous décidons de prudemment dépasser les raffineries puis les cimenteries qui égaient le paysage puis nous ratons, c’est ballot, la taverne qui se trouve en face des épaves qui trônent le long des jetées… Fail#3 : le déjeuner ne se fera pas les pieds dans l’eau…
Le Mâle et moi décidons d’un commun accord de nous diriger vers le coeur d’Elefsina, près du site archéologique. Il est quasiment l’heure grecque d’aller manger (14h00 !), il commence à faire sérieusement faim dans les rangs. La première taverne nous cantonne à l’extérieur car l’intérieur est réservé mais sans chauffage au mois de janvier, même le Mâle recule. La 2e taverne n’est pas assez peuplée pour inspirer confiance. En effet, en terrain inconnu, nous avons tendance à appliquer le précepte singapourien acquis par l’expérience et applicable partout : toujours choisir le stand/restaurant où il ya la queue, c’est l’indice que c’est là que c’est bon et/ou que ce n’est pas cher ! La 3e est bourrée de monde et malheureusement aussi de fumeurs. Comme nous n’avons pas envie de ressortir fumés comme des harengs, nous abandonnons l’idée du poisson… Fail#4
Nous nous rabattons sur un pseudo-restaurant italien où nous nous nourrissons de pâtes sans intérêt. Les enfants s’en fichent, ils ont des pizzas, l’ado n’est pas difficile à contenter ! Une fois repus, le soleil brille encore, nous décidons de jeter un oeil au site archéologique d’Elefsina qui s’offre face à nous, juste derrière les grilles. Les enfants ont repris du poil de la bête donc ils ronchonnent : « mais pouquoaaaa, il faut visiter ? ». Arrivés devant l’entrée, le sourire leur revient, il est 15h05, le site est fermé depuis 15h00… Fail#5
Bon allez, cette fois-ci, khalas ! Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas ! 
Παμε στο σπίτι* !
A la maison, chacun a repris l’activité qu’il avait envisagé avant cette épique excursion, qui en sieste sur le canapé, qui sur son jeu vidéo, qui sur son bouquin, qui sur sa série télé et moi j’ai cherché le réconfort dans une répétition par avance de la Chandeleur : j’ai fait des crêpes. Contre toute attente et brisant ainsi la malédiction du #fail du jour, elles étaient excellentes !  

* j’ai atttaqué les cours de grec, Παμε στο σπίτι  = (let’s go home (enfin je pense…)

Cet article a 4 commentaires

  1. C’est super ta facon d’ecrire ! C’est plein d’humour, j’ai aussi des petits textes comme ca d’une epoque equivalente bien que desormais revolue, si je les retrouve je te ferai suivre ! Encore un grand MERCI pour ton aide si precieuse !biz

    1. 😉

  2. Qu’est ce que vous essayez ce week end ?

    1. On réfléchit encore 😉 On ne va pas pouvoir faire le coup du fail aux enfants tous les dimanches car déjà qu’on a du mal à les traîner avec nous, ça risque de pas trop les emballer !

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