Kallimarmaro (stade de marbre)

Kallimarmaro (beau marbre), c’est le nom usuel du Stade Panathénaïque que moi j’appelle en toute simplicité le Stade de Marbre. Ce stade a été construit en 1896 sous le contrôle de l’architecte Ernst Ziller pour les premiers jeux olympiques de l’ère moderne. Il s’élève à la place de celui qui fut initialement érigé au 4ème siècle avant JC pour accueillir les festivités des Panathénées et notamment les jeux pendant lesquels les athlètes concouraient nus, une époque malheureusement révolue (soupir). Après un déclin d’activité pendant la période romaine, le stade se refait une beauté grâce à la fortune d’Hérode Atticus qui permet de lui donner sa forme finale en fer à cheval et de le doter de tribunes de marbre, provenant du Mont Pendeli, l’une des petites montagnes qui entourent Athènes. Le stade fait alors la fierté des Athéniens mais peu à peu alors que le christianisme s’installe et que les célébrations païennes romaines sont interdites, il tombe en désuétude et son marbre part orner d’autres bâtiments de la ville. Lorsque Pierre de Coubertin lance la rénovation des Jeux Olympiques, c’est Athènes qui est logiquement choisie et le stade renaît de ses cendres. Aujourd’hui, c’est de là que part la flamme olympique pour chacun des Jeux Olympiques. D’ici quelques semaines, je devrais certainement y faire une arrivée sinon triomphale, au moins méritante puisqu’il accueille l’arrivée du traditionnel Marathon d’Athènes qui se déroule en novembre. Ne vous emballez pas, ce n’est pas les 42km que je vais avaler mais modestement et réalistiquement les 10 km qui sont nettement plus à ma portée et à la hauteur de mon orgueil de coureuse du dimanche.

Hors compétitions sportives, il est ouvert aux visiteurs. C’est l’un des premiers monuments que nous ayions visité après notre installation en Grèce. Nous étions en novembre mais, malgré un vent frais, le soleil avait éclairé la pierre blanche entre les passages de nuages. Vue la taille du site, la visite n’aurait dû durer qu’une demi-heure mais le temps s’est étiré. Nous nous sommes mis sur la pointe des pieds tout en haut des gradins pour admirer l’Acropole et le Parthénon, nous avons testé les sièges à pattes de lion des hôtes de marque. Nous avons fait des photos devant les deux hermès, des blocs quadrangulaires surmontés d’une tête sculptée, souvent Hermès ou Apollon. C’est seulement après que nous nous sommes rendus compte, qu’outre la tête, le bloc comportait également des attributs génitaux masculins qui bien qu’étant modestes apparaissait très nettement sur les jolis portraits obtenus, ornant nos crânes d’une parure d’un genre masculin particulier. Évidemment, les enfants ont fait un tour de piste ce qui m’a fait constater que je n’avais visiblement pas engendré de successeur à Usain Bolt. Nous avons emprunté le passage voûté comme les athlètes d’autrefois (ceux qui étaient nus, resoupir) mais habillés. Nous sommes montés sur les marches olympiques et avons levé les bras en signe de victoire, celle peut-être de commencer à trouver nos marques sur la piste de ce nouveau pays dans lequel nous venions d’arriver. Nous avions oublié pour quelques instants notre logement temporaire pas terrrible, que notre container voguait encore quelque part entre Dubai et Athènes et la nuit qui tombait bien trop tôt amenant avec elle un froid bien trop mordant pour nos organismes habitués à la chaleur. Ce moment suspendu, ces rires partagés avec les enfants et la quiétude du lieu à cette période charnière de notre installation font que j’éprouve une tendresse particulière pour le Kallimarmaro et il est une étape obligée pour chacun de nos visiteurs.

Amis et famille qui viendraient/viendront nous voir, vous savez déjà à quoi vous en tenir !

Détails et infos sur le website du Panathenaic Stadium.

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