Le Pelion, c’était comment ?…

Chère Tata Ginette,

Makrinitsa
Makrinitsa

Après Singapour, Dubai et Athènes, tu as décidé de revenir te faire voir chez les Grecs en me demandant, à moi la prétendue spécialiste du tourisme local, ce que tu pourrais bien aller découvrir. Tu m’as dit que tu adorerais visiter Amorgos parce que tu as revu le Grand Bleu récemment et que Jean-Marc Barr est vraiment très beau mais sans vouloir t’ôter tes illusions, il est peu probable qu’il se soit installé sur l’île (et il a 20 ans de plus et beaucoup moins de cheveux). Par ailleurs, je crois me souvenir que tu a mal au coeur après un quart d’heure de pédalo alors les 6h de traversée entre le Pirée et Amorgos risquent de te sembler un peu long, surtout si le meltem, fréquent en été, est de la partie. Je te conseille plutôt de miser sur des vacances un peu moins convenues, un peu plus hors des sentiers battus par la tong du touriste, ce qui, hormis ta satisfaction personnelle, te permettra de frimer auprès de tes copines bêtement restées dans leur maison de vacances à Troufignylamoulesur Mer où il pleut seulement 2 fois par jour mais où tu portes la polaire 24h/24.

Damouchari
Damouchari

Bref, pas d’île au programme que je te propose mais une péninsule, celle du Pelion (Pilio en grec) à environ 4h30 d’Athènes. Il y a des villages qui se lovent à l’ombre de platanes centenaires dont l’ombre est parfaite pour l’ouzo de l’apéro, des chemins qui appellent à la promenade (sportive) dans les pins pour éliminer les calamars frits et des plages aux eaux cristallines nichées aux pieds de grands rochers pour se rafraîchir la couenne, tout ça au son des cigales… Tentant non ? Cependant il faut que je te prévienne de deux choses. Premièrement, le Pelion, c’est d’abord de la montagne avec les routes sinueuses et tortueuses à souhait qui vont avec… Alors tu fais le plein de cocculine ou de nautamine hein, parce que sinon la voiture sera déclarée zone sinistrée. Deuxièmement, il est possible que ta dignité soit mise à mal au cours du séjour. En effet, les plages (magnifiques par ailleurs) sont, pour leur grande majorité, faites de galets fourbes. Evidemment, cela présente l’avantage de ne pas retrouver des grains de sable collés partout mais il te sera donc certainement impossible de ne pas chausser, sous peine d’entorse, d’atteinte grave à la pédicure voire même d’attaque d’oursins, cette monstruosité faite plastique, j’ai nommé le chausson de plage voire même l’antique méduse. J’ai moi-même eu recours, à mon corps défendant,  à l’objet sur des sols particulièrement instables qui menaçaient l’intégrité physique de mes orteils. Heureusement le Mâle, tout à ses découvertes sous-marines des fonds, n’a pas immortalisé l’instant.

Fakistra
Fakistra

Nonobstant ces petits détails, le Pelion c’est très beau et nous l’avons visité très récemment en un peu plus d’une semaine. Je te raconte ?

Jour 1 : nous prenons la route d’Athènes vers Volos sans oublier de nous arrêter après environ 5 min de trajet pour acheter le frappé de rigueur qui devrait permettre de tenir les prochaines heures. Lorsque le Mâle a terminé son frappé (environ 3h plus tard, c’est très économique le frappé), il est l’heure de déjeuner, selon les règles d’usage, sur un petit port face à la mer comme celui d’Amaliapoli. Miam, une salade grecque. Après Volos, histoire de faire une petite pause, nous visitons le village de Makrinitsa avec ses jolies maisons traditionnelles et la place du village avec double-platane, pas si commun ! Après nous être largement ébahis de l’ombre portée par les feuilles, des tables bien rangées des tavernes et de la mignonnitude des ruelles, nous arrivons à bon port sur  la côte nord-est. Dans ma grande pratique de GO, le lieu est choisi de façon judicieuse pour explorer la zone sans faire (trop) de voitures. Allez, plouf dans l’eau transparente de la petite plage de Damouchari, village absolument croquignolet.

Zagora
Zagora

Jour 2 : nous décidons de faire à pied la promenade entre Damouchari et la plage de Fakistra, hésitons régullièrement entre deux chemins, suons comme des ânes et sommes finalement récompensés par la baignade sur cette plage préservée et coincée entre deux falaises. Je supplie le Mâle de me porter sur le chemin du retour, il me demande d’avoir un peu de retenue face à nos enfants qui, eux, sont résignés. Nous rentrons à l’hôtel, nous prenons un livre (enfin JE prends le livre et le Mâle le transat à côté de moi pour faire la sieste) et nous nous reposons le reste de l’après-midi. Nous avons bien mérité notre ouzo du soir, les yeux face à la baie dans laquelle s’est tournée une fameuse scène du film Mamma Mia. Je me prends pour Meryl Street avec sa grande crinière blonde, le Mâle me rappelle froidement que je suis brune et que ma salade grecque m’attend dans mon assiette.

Agia Sarranda
Agia Sarranda

Jour 3 : Google Maps m’apprend brutalement que nous devrions mettre près d’une heure pour faire 25 km. Je revois le programme à la baisse et entraîne tout le monde visiter le village de Zagora avant de partir sur la grande plage d’Agia Sarranda (coup de )  après avoir hésité avec celle de Chorefto. Les transats nous tendent les bras et les glaces nous appellent à cor et à cri depuis le bar. Lorsque nos compagnons allemands de transat virent au rouge écarlate, nous reprenons le chemin du retour pour une heure, oui encore une heure avant cette *** de salade grecque.

Jour 4 : nous trouvons un prétexte sportif pour éliminer les frites d’hier soir (oui, la salade grecque ne nourrit pas toujours son Mâle) et embarquons vaillamment dans un kayak de mer au départ de Damouchari pour rejoindre Fakistra et visiter au passage les grottes qui poinçonnent la côte. Nous constatons que c’est beaucoup plus facile en ramant qu’en marchant, surtout quand c’est le Mâle qui s’y colle car je fais des photos (plein, beaucoup, vraiment beaucoup de photos pour immortaliser la côte depuis la mer). De retour de cet exploit, nous explorons le village de Tsagarada, ses maisons, ses ruelles, son platane avant de mettre cap sur la plage de Milopotamos, extrêmement jolie mais surtout très peuplée avec même des maîtres-nageurs qui se la jouent Baywatch (pas vu Pamela Anderson en revanche). Nous nous rendons compte alors qu’il aurait fallu y aller le matin pour profiter 1) du soleil (côte est oblige) 2) du calme. Quelques photos et une baignade à l’ombre plus tard, nous regagnons nos pénates et découvrons avec bonheur dans la petite taverne qui nous héberge l’existence d’une salade faite avec des feuilles de caprier au vinaigre (miam et paf dans ta face la salade grecque !).

Tsagarada
Tsagarada
Milopotamos
Milopotamos

Jour 5 : Nous abandonnons le nord pour nous réétablir dans le sud du Pelion. Au passage, nous visitons les adorables villages de Milies dont la petite église sur la place a des fresques magnifiques et de Nizitsa (maisons, ruelles, platanes tout ça tout ça) avant d’établir le camp dans la région de Chorto. Avec Makrinitisa, ces deux villages sont des coups de ! Le Mâle, prévoyant, fait le plein car visiblement, dans le sud, ils doivent sûrement fabriquer de l’essence avec de l’huile d’olive car des stations-services, il n’y en a pas beaucoup ! D’ailleurs c’est au milieu des oliviers que nous nous trempons dans l’eau tiède de la petite plage de Vatha Spilia, bien différente des eaux turquoise de l’est de la péninsule.

Paltsi
Paltsi

Jour 6 : pas de vacances sans véritable objectif, ce sera donc deux plages par jour sinon rien. Nous laissons rapidement tomber les plages « intérieures » du sud de la péninsule qui ne sont pas toujours très tentantes et filons vers l’est sur la très chouette plage de Paltsi. Une fois le pique-nique avalé, à cause de cette *** de GPS qui essaie de nous  faire prendre un chemin de chèvre pour une route goudronnée, nous rebroussons chemin  et filons plein sud, vers la plage de Mikro, oubliant impunément pour une fois ces affreux chaussons de plage car c’est une des rares plages de sable du coin.

Mourtias
Mourtias

Jour 7 : Pour les balades on repassera, il fait une chaleur dubaiote en ce moment, nous découvrons alors le petit havre de paix qu’est Mourtias (coup de ). C’est une petite anse aux eaux translucides dans laquelle des crevettes viennent sournoisement nous attaquer les mollets avec un micro-port aménagé pour UN petit bateau et l’impression d’être au bout du monde, surtout seuls au monde (enfin jusqu’à ce qu’une famille vienne se planter à 5 m de nous alors que la page était TOTALEMENT vide). Quelques centaines de mètres plus loin, une piste mène à une « piscine » naturelle creusée dans la roche de la côte (impossible de s’y baigner mais c’est très joli). Nous tentons ensuite de  trouver la plage de Lyri mais handicapé par cette *** de GPS mais abandonnons devant son incompétence. Nous passons sans nous arrêter devant celle de Theotokos (pas hyper engageante) pour finir sur une véritable victoire, la plage de Vromoneri, judicieusement aménagée dans une petite crique avec taverne et bar qui vont bien. Ayant dûment fait le plein de soleil, nous rentrons dîner. Un dakos salade ça change de la salade grecque…

Agia Kiriaki
Agia Kiriaki

Jour 8 :Pour ce qui est de l’extrême sud de la péninsule, jusque-boutiste toujours, nous y sommes allés mais ce n’est pas la partie la plus intéressante du voyage.  Avant de rejoindre le petit port de Kottes où les pêcheurs en train de nettoyer et réparer leur filet ont soulevé une tonne de questions de la part de notre petit dernier, puis Trikeri (platanes, maisons, ruelles,tout ça tout ça, 40C raaah), il faut faire la photo de la petite péninsule de Tzasteni malheureusement privée et sur laquelle une maison regarde la baie de carte postale qui lui fait face. Nous évitons les plages intérieures, jolies vues d’en haut mais un peu sales vues de près en raison de l’encaissement de la baie. Nous faisons une micropause au petit port d’Agia Kyriaki, absolument charmant, mais l’optimisme de notre *** de GPS nous a encore conduit dans une rue si étroite que j’ai cru que nous allions y laisser une portière. Comme nous n’avons pas notre quota de plage pour la journée, nous empruntons sur quelques kilomètres une piste longeant la falaise. Je me suis largement plainte auprès du Mâle que j’étais TRES près du bord mais il n’en a eu cure, j’ai donc fini à pied. Nous finissons par trouver une plage de galets quasi-déserte où des Grecs installés là avec leur caravane pour les mois d’été font cuire le poisson qu’ils ont pêché dans la matinée. Nous avons beau les regarder avec envie et la bave aux lèvres, montrer nos enfants tout maigres, ils n’ont pas partagé. De guerre lasse, nous rentrons prendre notre dernier dîner avant le retour  prévu pour le lendemain. Non, non je ne veux pas non plus de la salade tomates/concombre, c’est juste une salade grecque qui s’est mise au régime sans la feta !

Trikeri
Trikeri

Jour 9 : retour… Il ne reste que des tomates dans le frigo mais tant pis, je ne cèderai pas ! Il faut faire une pause dans la salade de tomate ! Ce soir, c’est pizzas pour tout le monde.

Nizitsa
Nizitsa

Voilà, tu sais tout, chère Tata Ginette. Le Pelion nous a beaucoup plu même si, en été, il fait un peu trop chaud pour vraiment marcher. Les villages sont charmants et appellent à boire un verre et inutile d’être stakhanoviste du guide touristique, ils se ressemblent tous un peu dans leur joliesse. Comme dans la région, il y a beaucoup de fruits, il ne faut pas hésiter à acheter des confitures et glyko tou koutaliou sur le bord des routes. Les plages sont absolument superbes avec une eau d’une pureté incroyable grâce au fond de galets. Allez viens, oublie Jean-Marc Barr et viens nous voir, promis ce sera bien !

Bisous

Cet article a 6 commentaires

  1. Une pensée pour tata Ginette, ( après avoir fait 30m en 30mn en pédalo sur mer, je compatis…) mieux vaut les plages et les petites tavernes et leurs salades Grecques ! Beau récit Sylvie, comme dhab…

    1. Merci Christelle !

  2. Mais qui est donc tâta Ginette?!

    1. UN condensé de tous nos visiteurs non ?

  3. Lectrice assidue, je me dois de revenir.. ah le Pelion, ses vergers et ses plages… Nous avions 20 ans et nous dormions dans nos sacs de couchage à même le sable. Ouzo/ dodo. Un rayon de soleil, hop dans l’eau, café frappé / brossage de dents et la journée pouvait commencer…( j’ai oublié les galets dans l’histoire).
    Merci de nous raconter cette belle Grèce.
    Ps: et les anarchistes ils sont tjrs là?

    1. Plus de crevettes que d’anarchistes ! Haha ! Jolis souvenirs que les vôtres.

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