Le retour

Je suis partie de Grèce comme on arrache un pansement brutalement, rapidement pour, soi-disant, abréger la douleur. Avec le sparadrap est parti un gros bout de barbaque en lequel j’ai reconnu, avec mon oeil entraîné de biologiste, un morceau de coeur. Du coup, pendant quelques semaines, je n’ai pas très bien respiré. Forcément, avec ma fonction cardiaque amputée, ce n’était pas facile.

Niveau fonction circulatoire ce n’était pas mieux, dans mes veines, l’air français, moins iodé et moins parfumé àla fêta, ne parvenait pas à me réoxygéner suffisamment, je fonctionnais au ralenti, je suis rentrée en hibernation estivation, le temps de laisser le tourbillon de septembre me remettre dans le flot. J’ai laissé le blog dormir le temps que ce qui était sous le pansement cicatrise un peu. C’est un peu long je trouve, et puis comme les nouvelles cicatrices, ça gratte encore un peu, les souvenirs d’ailleurs, l’écriture… Ce blog, c’est là que j’ai raconté depuis le début la vie globe-trotteuse que j’avais la chance de mener. C’est un symbole de mon expatriation alors après presque neuf ansde récits, le retour en France flingue pas mal la problématique de départ. Bien sûr, on m’a dit : « Oui, tu verras, le retour en France, c’est comme une expatriation ». Combien de fois l’ai-je entendu ? Ouais, bon d’accord, si tu veux…Mais comment dire que mon choc culturel face à une laitue sur le marché du dimanche n’a pas exactement la même fraîcheur que celui de la première fois où je suis allée acheter des légumes dans un supermarché asiatique de Singapour. Bref, la raison d’être du blog m’a un peu échappé. Je n’ai pas pour autant renoncé mais je la cherche encore un peu.

 Début septembre, j’ai repayé l’hébergement et le nom de domaine, modifié le logo pour coller à la problématique (la quoi ?) actuelle et redonner un coup de neuf aux murs. Je me suis fait croire, crédule que je suis, que je parviendrai bien à écrire quelque chose puis j’ai disparu sous l’enclume de la rentrée. Mieux vaut tard que jamais, juste avant les chrysanthèmes de la Toussaint, je me suis dit que j’allais vous faire signe pour vous dire que j’existais encore, que peut-être je raconterai d’autres choses (..ou pas), que j’essaierai de vous faire rire (ou pas), que tant que je le jugerai nécessaire pour moi et j’espère intéressant ou divertissant pour vous, j’écrirai parce que finalement, c’est certainement ça qui me porte le plus (et mes jambes aussi mais c’est une autre histoire). A bientôt.

Cet article a 8 commentaires

  1. Oh oui Sylvie, continue ! Ce serait dommage d’arrêter là

  2. Ta prose qu’elle soit pleine de peps ou empreinte de nostalgie reste très plaisante à lire et reflète la personne qu’on a connu. Si le ciel était bleu tout le temps ça lasserait ( moins vite que la pluie je te l’accorde !) mais il faut bien quelques citrouilles là dedans pour différencier les couleurs. Gageons que l’aventure est loin d’être finie et ne nous prive pas de tes humeurs surtout, cela faisait longtemps , welcome back

  3. J’ai connu ça
    Moi je n’ai pas réussi à continuer mon blog mais je te souhaite de parvenir à le faire !
    Bonne repatriation !
    La France est belle
    Geneviève

  4. C’est toujours très sympa de te lire! Continue, nous on adore:-)
    Bises à toute la famille

  5. Bien contente de lire que tu ne nous as pas oublie , nous non plus . Continue ! j aprecie beaucoup . Brigitte K

  6. Chère Sylvie
    Je comprends ton vague à l’âme après tant d’années passées à découvrir d’autres lieux, d’autres cultures, des années si riches et si intenses.
    Je te lirai toujours avec plaisir car tu es très douée dans l’exercice de l’écriture.

    A bientôt j’espère
    Virginie

  7. Bravo bravo, que j’aime te lire, tes mots sont si vrais…. et bien tournés !

  8. Quel plaisir de te relire !!!! Impossible que tu arrêtes ! C’est Trop plaisant et puis le
    Mâle alors ….. tu n’en as rien dit 😉
    A très vite .

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