Le Magne, petit road-trip #1

2018_04_18_Limeni2En avril, c’est un peu tôt pour les îles car on ne peut pas vraiment se baigner sauf si l’on compte raffermir ses chairs dans des liquides extrêmement froids – on parle ici de températures de l’eau de mer aux alentours de 17C c’est-à-dire totalement incompatibles avec ma pratique de la baignade. Une fois de plus, à mon grand plaisir, nous sommes donc repartis sur le continent explorer l’un des doigts du Peloponnèse, celui du Magne, réputé pour sa magnifiscence (rien que ça), ses paysages sauvages, ses plages (ahem donc). Nous avons parcouru la péninsule du Nord au Sud sur 6 jours (trajet compris depuis Athènes)  avec un rythme bien tranquille qui nous a donné toute latitude pour traîner sur des plages paradisiaques ou faire des randonnées impromptues.

Jour 1 : nous partons en direction de Kalamata, la cité de l’olive, pour rejoindre Kardamili, la porte d’entrée du Magne. Nous y déjeunons dans une taverne au cadre idyllique, des tables dans un jardin à l’ombre des oliviers avec la mer juste derrière, juste au nord de Kardamili. La plage de galets blancs nous attire le temps d’y boire le traditionnel freddo du Mâle (un thé pour moi) et d’y faire quelques ricochets dans l’eau turquoise. Le temps s’étire déjà, les vacances ont le bout goût de débuter sous un soleil flamboyant.

2018_04_18_Limeni1Le Magne étant réputé pour ses villages fortifiés, nous rentrons dans le vif du sujet en visitant le vieux fort de Kardamili (Old Kardamili) et son petit musée, fort instructif. Il est ensuite temps de reprendre la route pour rejoindre Liméni, notre première escale. La route serpente le long de la côte découpée. Les paysages sont très beaux. Nous nous arrêtons pour visiter un village traditionnel, Proastio. Les ruelles sont minuscules, 10 min suffisent à parcourir les lieux en croisant au passage une jolie fontaine et une belle église en pierre sans oublier les traditionnels chats et yayas aux fenêtres. C’est joli certes mais pas renversant non plus malgré l’emphase de nos informations touristiques sur les lieux. Nous prenons donc la décision, de façon collégiale avec les enfants qui ne demandent que cela, de ne surtout pas envisager une visite exhaustive des « pittoresques » villages du Magne même s’ils sont qualifiés de « bijou de pierre » et autre « incontournable ». Nous arrivons enfin, après 1h de route environ, à Limeni, LA carte postale du Magne. C’est un petit port absolument croquignolet dont les maisons en pierre blonde ont les pieds dans une eau aux reflets émeraude. Les hébergements touristiques, eux aussi en pierre, se fondent dans le paysage, regardant plein ouest, accrochés à la pente qui surplombe le port, parfait spot pour couchers de soleil. En bas, il y a en tout 3 tavernes, la première est orientée au nord donc à l’ombre, nous l’éliminons donc sans concession de l’éventail des possibles, la dernière se cache encore derrière des rideaux de plastique pour se protéger du vent, la deuxième elle est ouverte sur la mer, ses tables au soleil nous appellent à grands cris pour l’apéro. Nous sommes faibles, nous cédons. Bien nous en a pris, c’est parait-il la meilleure du village et nous y avons mangé l’un des meilleurs calamars frits de notre vie.

2018_04_18_Areopoli_DSC01696Jour 2 :  je ne sais si c’est une pathologie répertoriée mais le Mâle, dès qu’il le peut, nous fait visiter des grottes pendant les vacances. Impossible d’échapper à sa marotte qui cette fois nous emmène dans les grottes de Diros, toutes proches de Limeni et dont il nous a vanté, avec lyrisme, les attraits. Je dois avouer que ceux-ci sont réels : les grottes forment un grand réseau que l’on visite pour la plus grande partie en bateau. Les concrétions calcaires fines et curieusement duveteuses se reflètent dans l’eau transparente ; seul le bruit de la rame actionnée par le guide accompagne la visite qui se révèle, par son atmosphère et la beauté géologique, exceptionnelle. Tout au long de la navigation, on espère secrètement que les lampes ne vont pas s’éteindre parce que les grottes forment un vrai dédale soutterrain dans lequel on n’aimerait pas se retrouver seuls. C’est pourtant ce qui arrive au bout d’un moment lorsque le batelier nous abandonne au pied d’un petit chemin, parfaitement balisé, qui permet de finir la visite à pied. A la sortie, on se retrouve sur le flanc de la colline, suspendus au dessus de l’eau. Tout le monde est sorti absolument enchanté de ces 30-45 min de visite, moi y compris, le Mâle se rengorgeant bien évidemment de son choix plus que judicieux !

Nous avons ensuite mis le cap sur Areopolis, la ville d’où a été initiée la guerre d’indépendance grecque en 1821 sous l’impulsion d’un des seigneurs de l’époque, Petros Mavromichalis. La ville s’organise autour d’une place centrale à partir de laquelle on part déambuler dans les petites rues bordées de maisons en pierre (la pierre est une constante dans le coin) pour y admirer les églises ou les tours caractéristiques du Magne. C’est l’une des plus jolies villes (habitées)  de cette partie du Magne à mon humble avis. C’est aussi l’une des plus grandes à l’exception de Gytheio, mieux vaut y faire quelques courses parce qu’ensuite les boutiques se raréfient sacrément, tout comme les pompes à essence.

Après avoir visité une boulangerie et une épicerie, histoire de se prévoir un petit pique-nique, nous sommes repartis en direction d’Oitilio dont la principale caractéristique est d’être le village d’où est partie une colonie de grecs fuyant les Turcs en direction de la Corse. Ils y fondèrent un village. Celui-ci s’appelle Cargèse et j’y ai passé, enfant, de belles vacances. Il aura fallu un voyage dans le Magne, 35 ans plus tard, pour que je comprenne enfin la raison de la présence dans cette toute petite bourgade de cette église orthodoxe finalement un peu incongrue à si peu de distance de l’église catholique .

Dans un grand élan d’anticipation, nous avions planifié une promenade pour rejoindre le fort de Kefala qui garde la baie d’Oitilio mais à la vue de la montée qui nous attendait et de la rébellion adolescente nécessairement associée, nous avons finalement rejoint les lieux en voiture et  escaladés sur les murs du fort dont il reste peu de choses pour profiter d’une vue imprenable. Quelques pitas trop grasses plus tard, nous avons installé nos quartiers sur la plage de Neo Oitilio, histoire de prendre un café face à la mer avant de regagner Limeni pour la soirée.

2018_04_18_CapTigani_DSC01832Jour 3 : A nous le grand Sud, nous quittons Limeni avec en ligne de mire le Cap Tigani. Au passage, nous nous arrêtons à Harouda pour jeter un coup d’oeil à la jolie église des Taxiarches, bouillonnante d’activité en pleins préparatifs de Pâques. Observateurs un peu déplacés, nous ne nous attardons pas  alors que les habitants du village viennent déposer les fleurs qui seront utilisées pour orner l’Epitaphe (epitafios). Celui-ci sera au coeur de la procession nocturne de ce vendredi saint commémorant l’enterrement du Christ. Nous passons voir le village de Mezapos, très rude au milieu de ses falaises avant de rejoindre Agia Kiriaki. Nous y garons la voiture avant d’entamer la randonnée vers le Cap Tigani et les ruines du Fort Franc du Grand Magne. Le sentier serpente entre les buissons fleuris, les ajoncs embaument l’atmosphère, le ciel est bleu profond, il n’y a que le bruit de nos pas sur les cailloux et celui des vagues lorsque l’on s’approche des côtes du cap. Du fort, il reste peu de choses mais le lieu est magique au printemps, perdu dans les fleurs sauvages, encore une impression d’être seuls au monde. Une randonnée facile à faire à tout prix !

La faim se faisant sentir, nous nous dirigeons vers le petit port de Gerolimenas dont l’activité fébrile nous assaille un peu après notre solitude minérale sur le Cap Tigani. Les tavernes s’alignent le long du port, l’eau est superbe mais l’agitation du lieu contraste durement avec notre promenade bucolique. Nous choisissons une taverne au hasard qui s’avèrera remporter, haut la fourchette, la palme du service le plus lent de Grèce. L’après-midi est donc bien entamée lorsque nous reprenons la route en direction de Vathia, LA perle du Magne, un village fortifié abandonné en haut d’un promontoire. Le tour en en est rapidement fait, les maisons sont belles mais pour beaucoup en cours de déliquescence. Il règne dans le village une atmosphère un peu triste. C’est finalemen en quittant Vathia vers le sud que sa beauté devient spectaculaire. De la route, les bâtiments en pierre se découpent, face à la mer, sur le fond des collines environnantes.

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2018_04_18_PortoKagio_DSC01915Un nombre incalculable de pauses photos plus tard, au grand dam des enfants pressés de se rebrancher sur le wifi de l’hôtel se reposer, nous atteignons Porto Kagio après une route, elle encore sublime avec des falaises plongeant dans la mer et des baies aux contours doux qui apparaissent au détour d’une découpe sauvage des rochers. Porto Kagio, c’est le bout du monde La route, c’est la plage et évidemment elle est à sens unique, il faut juste faire attention aux parasols des 3 tavernes. La lumière dorée du couchant appelle à la promenade, c’est comme pour l,apéro, nous sommes faibles, nous cédons à la temation. Nous finissons donc notre journée en regardant le soleil se coucher depuis le phare qui garde la baie dans laquelle seuls quelques voiliers viennent mettre un peu d’animation. Le soir, nous dînons à la taverne conseillée par notre hôte. Le poisson est tout frais et la chortopita, absolument délicieuse, sans une once de graisse dont, après 3 jours de taverne, notre foie commence à se lasser !

… Bientôt la suite… Stay Tuned…
Informations pratiques :

 

 

Cet article a 1 commentaire

  1. Merci beaucoup pour ces visites imagées. Nous aimons beaucoup aussi la nouvelle politique de paragraphes de votre blog.

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