Monemvasia c’était comment ?

Monemvasia
Monemvasia

Après mes exploits à Hydra, il a bien fallu se remettre en repartant en vacances, en l’occurence en pleine Pâques orthodoxe. Le cahier des charges auquel le séjour devait répondre comprenait une certaine proximité géographique, une variété d’activités historico-sportivo-feignasso-compatibles avec tous les âges représentés dans la famille ainsi que la présence indispensable de plages facilement accessibles. Après avoir éliminé les îles pour lesquels la contrainte du ferry nous condamnait à une anticipation incompatible avec l’épuisance neuronique post-course, nous avons mis le cap pour 4 jours sur Monemvasia dans la région de Laconie, autrement dit en termes extrêmement techniques et géographiques, sur le 2e doigt du Péloponnèse, péninsule à l’ouest d’Athènes qui dessine, très approximativement, une main.

Jour 1 : nous avons atteint Monemvasia la veille après environ 4h30 de route depuis Athènes. Nous découvrons le rocher face à nous et petit-déjeunons sur le port. Les chats sont extrêmement sympathiques surtout avec le patron de la taverne d’à côté en train de préparer la petite friture qu’il servira à  midi. Monemvasia n’est lié à la terre que par un simple pont. Ce morceau de rocher se serait séparé du continent à la suite d’un séisme en 375 ap JC. Sur cette île qui n’en est plus tout à fait une, une cité byzantine toute en ruelles et en escaliers regarde la mer, dominée par une forteresse en ruine qui surveille les lieux et les flots. Si pour certains Monemvasia est le Mont Saint Michel grec, il n’y a  point de marée galopante, Méditerranée oblige ni d’omelette de la Mère Michel mais les tavernes surplombent la mer et ça sent le poisson grillé.

Monemvasia
Monemvasia

Pleins d’allant, nous rejoignons à pied l’entrée de la ville fortifiée dans laquelle aucune voiture ne circule. La file de véhicules garée sur le bas-côté est déjà bien longue. Nous nous esbaudissons de concert devant les fleurs qui égaient le bas-côté et je prends environ 50 photos de ces grandes tiges jaunes qui tranchent sur le bleu franc de la mer encore d’huile à cette heure matinale. Le Mâle me demande d’arrêter de traîner et je me défends en disant « que c’est joli ! Vous avez vu comme c’est beau ces fleurs, les enfants ? ». Nous atteignons l’entrée de la ville, les touristes y rentrent à pied, les valises en brouettes, ces dernières ayant visiblement priorité. Nous découvrons les petites rues en errant au hasard, admirons les deux placettes absolument charmantes, repérons la taverne pour notre futur déjeuner (très important ce repérage). Bientôt les remparts de la ville nous apparaissent, nous sommes dans un champ de fleurs sauvages, je suis en admiration (et certainement shootée au pollen) « que c’est joli ! Vous avez vu comme c’est beau ces fleurs, les enfants ? ». Les enfants haussent les épaules, me demandent de me dépêcher (Cf attitude photographique pro-fleurs précédemment observée sur la route) et le Mâle attaque la montée en direction de l’église Agia Sofia sans m’attendre. Après un nombre certain de marches, nous découvrons la mer vue d’en haut, la ville vue d’en haut, les champs de fleurs vus d’en haut,  « que c’est joli ! Vous avez vu comme c’est beau ces fleurs, les enfants ? ». « Maman, arrêêêêtte !!! ». Devant l’église je réclame une photo avec les enfants. La grande fait la tronche, le moyen éternue au soleil et le petit ferme les yeux… Je grommelle que les fleurs, elles au moins, ni ne bougent, ni ne ronchonnent… La petite pointe en contrebas nous fait de l’oeil. Nous suivons un petit chemin qui serpente entre les buissons fleuris.. « que c’est joli ! Vous avez vu comme c’est beau… OUI !!!!!!!! », m’interrompent les trois enfants, pour une fois d’accord.

Agia Sofia (Monemvasia)
Agia Sofia (Monemvasia)

Nous enchaînons ensuite avec la visite du fort en ruine qui se trouve tout à fait de l’autre côté de l’île à 20-30 min environ. Nous cheminons au milieu des grandes fleurs jaunes de férule  » Que c’est joli ! Vous avez v…  » OUI, ON SAIT ! me répondent en choeur mes enfants !  Le fort domine l’isthme et nous apercevons au passage les citernes qui permettaient d’alimenter en eau la ville. La faim se fait sentir et nous mettons le cap vers la taverne en retraversant des champs de fleurs, des ruelles fleuries et des bougainvillées envahissants. « Que c’est joli ! Vous avez vu comme c’est beau ces fleurs, les enfants ? » je n’entends qu’un soupir résigné. Après avoir rassasié les troupes, nous rentrons, toujours à pied, nous reposer un peu. Ma fille regarde son décompte de pas sur son smartphone, elle manque de s’évanouir de fierté ? de fatigue ? tant elle a fait du sport sans s’en rendre compte. Le Mâle trouve que l’on mérite bien une bière après tous ces efforts !  Le soir, nous abandonnons les enfants à la pension le temps d’aller voir la cérémonie de l’Epitaphios (sorte de reconstitution de l’enterrement du Christ) à Monemvasia. Re-route à pied jusqu’à la ville, re-balade dans les rues où il y avait des TONNES de gens, attente d’une heure sur les marches de l’église, aperçu de l’Epitaphios qui part avec la procession à Agia Sofia, essai infructueux de ne pas suivre la procession, échappée de la procession pour se retrouver nez-à-croix avec l’Epitaphios, adoption d’une posture crêpe contre le mur pour laisser passer l’Epitaphios, remontée (non sans mal) à contre-courant de la procession, re-route à pied jusqu’à l’hôtel… L’application de décompte des pas du smarphone du Mâle fait un malaise.

Elafonissos
Elafonissos

Jour 2 : Ayant sillonné en long, en large et en travers Monemvasia (MAGNIFIQUE, SUPERBE et des fleurs partout (vous l’aurais-je déjà dit ?)), nous mettons le cap sur Elafonissos au sud, l’une des plus belles plages de Grèce paraît-il. C’est une petite île à 10 min de bac du continent. Pas très simple de trouver les horaires mais nous atteignons l’embarcadère en temps et en heure. L’ensemble se faisant à la grecque (c’est-à-dire sans organisation apparente ou tout du moins explicite), le Mâle saisit, par questionnement de sympathiques autochtones, qu’il suffit de se mettre sur le quai (microscopique) en file indienne et d’attendre que le bac arrive. Lorsque celui-ci arrive, nous comprenons effectivement le sens de « premier arrivé, premier servi » car la taille du bateau est assez restreinte… Ceux qui n’auront pas pu monter devront attendre le retour du bateau qui fait des navettes. L’eau est turquoise et on se croirait sur le bord d’une plage tropicale. Après quelques minutes de voiture, nous découvrons THE beach  (Paralia Simos) qui est effectivement magnifique mais il y fait, ce jour-là, un vent à décorner les boeufs ce qui limite très nettement les possibilités de baignade. Nous profitons de cette journée de détente tous à notre manière, qui avec son bouquin sur la plage, qui avec un cerf-volant, qui avec des châteaux de sable.

2017_05_11_Gerakas_DSC06309Jour 3 : Monemvasia est relativement courte à explorer pour qui ne passe pas des heures à boire un frappé sous les platanes. Il nous faut donc trouver d’autres destinations. Le Mâle dans une fulgurance touristique nous propose Gerakas, un petit village côtier au niveau duquel la mer rentre profondément dans les terres créant une zone humide très particulière. Le village est dominé par le site archéologique de Xaras, un ensemble de murs et d’arche perdus au milieu des fleurs (« Maman TAIS-TOI ! ») et surplombant le village, le port et enfin le bras de mer menant à la lagune. La balade est charmante, le port croquignolet, la vue du haut des falaises absolument magique. Lorsque nous redescendons, en ce dimanche de Pâques, l’odeur de l’agneau grillé nous chatouille les narines. Devant la taverne, face à la mer, les yiayas surveillent la broche sur laquelle tourne la petite bête.  C’est un signe, nous nous y arrêtons pour fêter comme toutes les autres familles grecques présentes la fin du carême.

2017_05_11_Mystras_DSC06547Jour 4 : il est temps de rentrer. nous avons prévu de nous arrêter à Mystras, un site classé par l’UNESCO, judicieusement placé sur notre chemin. La forteresse a été construite au 13e siècle et se trouve à flanc de la colline qui domine Sparte. Elle fut le centre de la puissance byzantine. Le site est assez étendu et nous avons dû slalomer entre les gouttes pour le visiter dans son intégralité ou presque. En haut de la colline, se trouve la citadelle qui domine la vallée, à mi-hauteur se trouvent un ensemble d’édifices religieux et de monastères édifiés au cours du Moyen-Age et enfin sur le bas, on trouve les restes de la ville fortifiée. Mystras est assez bien conservée et restaurée surtout au niveau des monastères. Nous avons trouvé le lieu, même sous le ciel gris, extrêmement beau  (je vous ai parlé des fleurs ?) et intéressant. Un must-see dans la région !

Dûment pétris de culture byzantine, de plages, de fleurs et d’agneau, nous avons ensuite regagné Athènes dans les bouchons de ce retour de week-end férié avec l’impression d’avoir visité, encore une fois, un nouveau pays.

Infos pratiques :

  • Monemvasia : pour les moins courageux, on peut rejoindre la ville à l’aide d’une navette qui prend les passagers à l’entrée du pont ou grâce aux taxis. On peut loger tout aussi bien dans la citadelle que dans les pensions de la ville moderne, Gefyras, qui fait face à Monemvasia.  Dans l’entrelacs des rues, il faut laisser les touristes boire leur café dans la rue principale et monter à l’assaut des marches, croiser des chats, être assailli par les taches colorées des fleurs et monter voir la ville d’en haut. Nous avons eu la chance  d’y être au printemps et c’est vraiment la saison idéale.  C’était absolument MAGNIFIQUE !
  • Elafonissos : l’embacardère se trouve à Pounta (prix : 1 euros par passager , 10 euros par voiture)
  • Mystras : le billet (12 euros/adulte) donne accès à tout le site mais il est possible de le visiter en deux fois : ex : se garer en haut et visiter la citadelle ; ressortir du site, se garer en bas et re-rentrer pour visiter le reste de la colline.2017_05_11_Gerakas_DSC06317

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