MyPicture#3

Nous étions à peine installés dans la maison. Les derniers cartons venaient tout juste d’être vidés. J’étais perclue de courbatures d’avoir monté et descendu les 4 niveaux de la maison depuis deux semaines, épuisée alors que le Mâle me disait « tu as le temps » mais moi, je voulais que pour Noël, tout soit à peu près rangé. Un petit virus hellène avait choisi de m’attaquer, transformant mon nez en fontaine et mon cerveau en coton mais je résistais, l’aspirateur à la main, évidemment pas contre le rhume mais contre la poussière du sous-sol et accessoirement chambre d’amis / salle de jeu / buanderie. Dans un dernier élan d’énergie, j’avais terminé le ménage (à peu près) et étais allée acheter de la raclette pour que le repas de ce vendredi soir soit chaud et convivial. J’avais bien besoin de ça et de vin aussi, du vin pour achever mes microbes, uniquement évidemment dans un but thérapeutique et puis tous les (Hauts-)Savoyards le savent, il ne faut jamais boire d’eau sur le fromage. Je n’allais pas prendre de risques ! Il faisait un peu froid, les enfants étaient rentrés de l’école, il faisait nuit. Ne manquait plus que le Mâle pour que le week-end commence officiellement. J’ai entendu la clé tourner dans la serrure et des pas ont résonné dans l’escalier pour me rejoindre. À la place de mon Mâle habituel, j’ai vu apparaître ma surprise du week-end qui avait quitté la neige et le froid pour venir prendre le tiède en Grèce et accessoirement nous rendre visite. Face à S. que je n’avais pas vu depuis (beaucoup trop) longtemps, j’ai avec beaucoup d’à-propos pris une tête de poisson rouge médusé sous acide, tellement j’étais ébahie de le découvrir là, en train de se marrer de sa bonne blague !  C’était si bon de le voir, de se retrouver comme si les années ne nous changeaient pas (j’ai toujours 29 ans et lui aussi presque), de rigoler comme des andouilles, de faire des selfies pourris avec des chapkas, de manger les gourmandises qu’il avait ramenées dans sa valise. Le dimanche, nous sommes partis ramasser des fruits dans un verger bio (on est bobos de temps en temps !). Les arbres croulaient sous le poids des oranges, des citrons et des bergamotes. Il y avait dans cette matinée passée dans le verger comme un goût de perfection, un de ces moments où il n’y a rien à ajouter : le ciel était bleu pur, nos doigts sentaient les mandarines et les oranges que nous goûtions avant de les cueillir, nos chaussures étaient crottées mais il y avait dans nos paniers des promesses des Glyko Tou Koutaliou à venir. Et puis il y avait ce petit chaton qui avait choisi de nous accompagner dans notre cueillette, qui disparaissait dans l’herbe mais miaulait pour se rappeler à nous et ne demandait qu’à être caressé. S. a failli l’embarquer et moi, j’ai tenu bon pour ne pas craquer sur sa petite gueule d’amour.

 

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