Run, run #2

Il paraît que prendre des résolutions c’est « so-outdated » mais la rebelle qui sommeille en moi a décidé de n’en prendre qu’une : celle de remonter dans mon auto-estime sportive (et de ne pas ressembler à un chamallow en maillot de bain)… Au cours des 2 années qui viennent de s’écouler, ma pratique du sport et, en l’occurrence du footing, a été mise à mal en premier lieu par le climat de Dubaï qui se prête relativement mal à des activités extérieures intenses. Environ 9 mois sur 12, il fait CHAUD, très CHAUD. A cela, les rabats-joie me répondront au choix  a) « tu n’as qu’à y aller tôt »  Sauf que sortir à 6h du lit pour aller courir s’apparente dans mon esprit à une forme de masochisme exacerbé plutôt qu’à un plaisir toujours renouvelé (oui je veux faire du sport par plaisir) b) « tu prends un abonnement dans une salle et tu cours sur les tapis ! » Et décéder d’ennui ? Certainement pas ! Courir pour ne jamais avancer, quel non-sens ! En arrivant à Athènes, j’y ai vu un avantage certain, celui de pouvoir recommencer à courir sous des cieux plus cléments. Foie gras et bûche obligent,ma motivation post-fêtes était au plus haut et, folle que je suis, j’ai même choisi début janvier un programme d’entraînement dans mon appli de running, histoire d’avoir un objectif clair… Au taquet, j’étais, la Force en moi il y avait… Je vous raconte ?

7 h 30 : par la fenêtre, je remarque qu’il fait beau ! Chouette ! J’enfile ma tenue de running, celle qui me sert depuis des années. Je sors sur le perron. Je me mets à claquer des dents. Je rentre.

7h31 : je vais attendre que le soleil soit réellement levé et puis au lieu du pantalon « technique », je vais plutôt mettre un survêtement molletonné, et une polaire,  et des gants aussi. Flute, je ne retrouve pas mon bonnet !

8h30 : le soleil est là, je pars. J’ai mis mes gants. J’enlève mes gants puisque je dois mettre en route mon appli running. Je remets mes gants. Je commence (doucement). Je croise le camion des poubelles. Les gars me regardent en rigolant, ils sont mieux habillés que moi  (mon survêtement date de 2010 et alors ?) ! Ah, c’est agréable, il fait bon, il y a des oliviers et des orangers. Elle monterait pas un peu cette route ?

8h32 : je confirme, il s’agit bien d’un faux-plat perfide car montant mais c’est bon pour l’entraînement et après tout, ça change du tout plat de Dubaï.

8h33 : Il est long ce faux-plat non ?

8h35 : Ah, enfin, ça descend maintenant, je vais pouvoir accélérer un peu, c’est bon pour mon temps ! Mon appli, ce magnifique outil technologique, m’annonce la distance que j’ai parcourue pendant ces 5 premières minutes. Elle doit se tromper.

8h37 : ça descend toujours, un peu trop non ? Bon ce n’est pas grave, je prendrai un taxi autre chemin pour rentrer.

 8h39: je bifurque, je rentre dans le parc. Je croise de nombreux congénères mais sans gants les dingues !

8h40 : la pente vient brusquement de s’inverser et de passer à au moins 70% d’inclinaison. Je pourrais jouer la doublure respiration de Darth Vador sans aucun effet spécial.  L’appli continue de délirer en sous-estimant gravement les distances que j’estime avoir avalées.

8h40 et 30 secondes : En plus de la pneumonie galopante (elle!) qui vient de me frapper brutalement,  je souffre atrocement du cuissot, le retour de mon AVC peut-être. Je suis très inquiète pour ma santé ce qui me conduit à faire le choix de préserver mon intégrité physique donc je marche.

8h41 : je marche, oui, mais je marche vite pour ne pas ruiner tous mes efforts. Une dame qui promène un chien boiteux me double puis c’est le tour de 3 papys grecs qui prennent l’air. Je décide de changer mon itinéraire pour conserver le peu de dignité qui me reste. Ma pneumonie va nettement mieux. Je me remets à courir.

8h44 : J’ai chaud. J’enlève mes gants mais si je pouvais, je laisserais bien tomber cette cochonnerie de survêtement !

8h46 : Ça monte encore mais je cours toujours ! Je longe une école. Les gamins rigolent en me montrant du doigt, certainement impressionnés par ma belle foulée et mon style très personnel.

8h48 : l’appli veut que je fasse du fractionné, c’est-à-dire que j’alterne des périodes d’accélération violentes avec des phases de récupération.. Mouaahaahah… Je l’ignore.

8h50 : C’est où chez moi ? Je n’ai pas d’autre choix que de m’arrêter pour consulter mon GPS. Cette pause risque de fracasser ma performance mais elle est indispensable pour ne pas priver prématurément mes enfants d’une mère qui se serait perdue dans les méandres du parc municipal d’une forêt profonde .

8h51 : Je crois que le GPS est de mèche avec l’appli. Ils m’obligent à passer par des raidillons vicieux, sous prétexte du trajet le plus court.

8h53 : Mon moral remonte, je reconnais mon quartier mais le chien de la voisine manque de me mordre car il n’a pas reconnu mon odeur habituelle, celle-ci étant masquée par celle de furet exprimée par ma polaire.

8h55 : je rentre à la maison, péniblement certes, mais avec la satisfaction du devoir accompli, mon maillot de bain m’en sera sans nul doute reconnaissant. Cette @#X! d’appli m’annonce que je n’ai pas atteint l’objectif de distance de la séance.  Pour la peine, par vengeance, je ne sauvegarde pas la session. Je crois que l’appli s’en fout.

9h00 : je regarde la météo des 10 prochains jour : froid, pluie, neige et vent… Trop bête, je ne pourrai pas aller courir !

 

Cet article a 6 commentaires

  1. Je suis pliée, j’en ai les larmes aux yeux…enfile ton survêt, j’en redemande.

    1. Mais malheureuse, il neige ! Mon survêt est trés réticent à l’idée de sortir. Je n’ose pas le contrarier.

  2. Ah ah merci mon moral vient de remonter des talons aux genoux, mis c’est juste parce qu’il manque d’exercices, si tu récidives il pourra faire l’effort peut-être jusqu’au haut de la cuisse 🙂

    1. Promis il y aura d’autrea aventures de mon survêt alors !

  3. Quelle plume !!! J’étais dans l’effort avec toi 😉
    hihihihi

    1. Si tu viens, tu découvriras par toi-même la perversité des raidillons omniprésents !

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