Si…

 

2017_06_09_Salamine_Kanakia_DSC07256Si nous avions réellement planifié, c’est-à-dire un peu en avance, au lieu d’attendre la veille, nous aurions eu des billets de ferry pour Agistri. Si nous n’avions pas décidé de remplir notre devoir civique en allant voter pour le 1er tour des législatives, nous serions partis beaucoup plus tard et serions certainement restés à la maison, poussés par la fainéantise (enfin surtout celle du Mâle et des ados mous). Si nous avions fait confiance aux prévisions météorologiques, nous aurions abandonné l’affaire face aux orages qui semblaient nous attendre et qui ont finalement ravagé le centre d’Athènes dans l’après-midi. Si nous n’avions pas eu l’irrépressible envie d’aller sur une île quoiqu’il advienne, nous aurions fait au moins 1h30 de voiture pour chercher une plage inconnue de nous sur les bords du golfe de Corinthe. Si nous nous étions arrêtés au manque d’organisation typiquement grec et à l’aspect joyeusement glauque et animé du port de Perama, nous n’aurions jamais pris le temps de prendre un jus d’orange fraîche à côté des papys sirotant leur café du matin. Si nous ne nous étions pas garés à la manière locale, juste sous un panneau d’interdiction de stationner, nous aurions pu prendre un PV, malencontreuse aventure que le Mâle volant, son frappé à la main, put éviter en déplaçant in extremis le véhicule. Si nous nous étions arrêtés à la distance pour créer le dépaysement, nous n’aurions jamais pris ce bac qui part lorsqu’il est plein pour une microscopique traversée de 15 min. Si nous nous étions offusqués de la vue des tankers qui jalonnaient notre trajet, nous aurions repris directement le bateau pour revenir sur le continent. Si nous avions un  peu plus d’éducation et/ou de mémoire, nous aurions su que la bataille de Salamine fut, pendant les guerres médiques, une victoire déterminante des Grecs sur les Perses en -480 av. JC. S’il n’avait pas été un peu trop tôt pour la baignade, nous n’aurions pas crapahuté, à la grande joie des enfants, jusqu’à la grotte d’Euripide, profitant au passage d’une très belle vue sur la côte. Si nous avions un  peu plus d’éducation et/ou de mémoire (bis), nous aurions pu expliquer à nos enfants qu’Euripide, ce grand auteur tragique classique, était né à Salamine en -480 JC alors que Xerxès Ier battait précipitamment en retraite, qu’il était un contemporain et ami de Socrate et qu’il avait écrit plus de 92 oeuvres dont la fameuse « Médée ». Si nous n’avions pas eu si chaud pendant la montée, nous aurions certainement hésité sur le choix de la plage mais celle de Maroudi nous a tous mis d’accord en nous attendant, tous transats ouverts, sur le bord de la petite baie au loin de laquelle croisent des gros bateaux. Si nous avions snobé les gros navires qui croisaient au large, nous n’aurions jamais appris à reconnaître de loin un tanker d’un vraquier ou d’un roulier. Si le bain ne nous avait pas ouvert l’appétit, nous ne nous serions pas déplacés jusqu’à la taverne alors que les nuages noirs s’amoncelaient derrière nous, rendant la plage bien trop fraîche. Si nous n’avions pas traîné à la table, le soleil n’aurait pas pu revenir à temps pour notre baignade digestive. Si nous avions eu une flemme post-prandiale prononcée, nous n’aurions pas pris cette route magnifique qui serpentait dans les pins. Si nous avions recherché le sable blanc et les parasols, nous n’aurions jamais choisi la page de Kanakia aux eaux absolument cristallines et aux petits galets. Si nous avions eu encore un peu plus d’insouciance, nous serions restés longtemps sur cette plage pour voir le soleil s’y coucher mais il a bien fallu rentrer. Si nous avions eu envie de clore rapidement cette journée, nous n’aurions pas encore cherché un endroit où manger tous ensemble, encore une fois, pour faire durer le plaisir. Si nous nous étions arrêtés à sa réputation, nous ne serions certainement pas allés sur l’île de Salamine, à un jet de pierre d’Athènes.

 

Détails pratiques :

  • départ des bateaux depuis le port de Perama (1 euro/ personne ! environ 5 euros pour la voiture). Le bac démarre dès lors qu’il est plein. Achat des tickets sur place, pas de réservation online.
  • nécessité d’y aller en voiture pour accéder aux endroits les plus éloignés et donc les plus jolis.
  • 2 plages de galet sympathiques : plage de Maroudi, aménagée avec des tavernes à proximité ; plage de Kanakia, à proximité de Karanakia, accessible par le nord (par le sud, il faut passer par un chemin à la practibilité non testée).
  • une petite visite pour le fun : la grotte d’Euripide qui vaut plus pour la vue qu’elle donne sur la côte que par son contenu car elle est interdite à la visite.

 

 

4 Responses

    • Expatographies

      Je te jure, le flic s’est précipité sur la file de voitures, heureusement on était au milieu !

      • Christelle

        Y’a plus de respect pour l’esprit libre Grec, tu es tombée sur le flic zélé du pays ! En tout cas faut se réhabituer en France les filles…j’ai vu des flashs cette semaine…

  1. sophie rousselot

    Ben voilà, je sais tout maintenant. Merci Sylvie !

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