Summer left over

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2017_09_15_olivierLe ciel est bleu pur au dessus des oliviers. Il a fallu mettre le réveil parce que c’est un peu tôt quand même, surtout pour moi car toi je t’ai retrouvé assis dans ton lit, un livre sous les yeux évidemment. Nous avons pris notre petit-déjeuner en tête-à-tête sur la terrasse, dans la fraîcheur du matin et accompagné du chant des oiseaux. Vite on se dépêche, les dents, les chaussettes et les baskets, on n’oublie pas la lunch box, avec le goûter.. « t’as pas oublié le goûter, hein ? » Non, je n’ai pas oublié, j’ai rangé les biscuits dans une petite boîte pour qu’ils ne soient pas écrasés et puis suffisamment pour que tu puisses partager avec tes nouveaux copains dans la cour. Je ferme la porte sur le sommeil des grands et nous partons, à pied, tous les deux dans le calme de notre quartier pas encore tout à fait réveillé. « On passe par le haut parce qu’il y a plus d’ombre, hein, maman ? ». Oui, je l’aime autant que toi cette rue avec ce gros platane qui s’avachit sur la route et le trottoir. Je me le suis approprié, c’est MON arbre mais je veux bien le partager avec toi. Lorsqu’il faut traverser une rue, ta petite main se glisse dans la mienne. Tous les 20m, alors que je suis à côté de toi et ton unique interlocutrice, tu m’interpelles « Maman ?… ». « Oui, mon loulou… »Je réponds toujours pour me remplir de ce besoin que tu as de moi et de cet amour inconditionnel. Je m’en rappellerai lorsque dans une dizaine d’années, il ne sera plus tout à fait aussi évident. « Dis maman, les renards, ils mangent des fruits ? » J’explique le régime omnivore et puis on parle des poubelles qui les attirent et puis des ours aussi. « Dis maman, tu as vu le chat ? Quand je serai grand, j’aurai un chat, un hamster et un chien, tu sais parce que vous, maintenant, vous voulez pas… » J’explique la relative instabilité de notre petite vie et les complications liées à la garde des animaux. Je parle de la tortue qui a élu domicile dans le jardin et du chat à clochette qui vient régulièrement nous rendre visite, c’est un peu pareil non ? « Dis maman, Mamie elle votait quand elle était jeune ? » J’explique que oui mais que le vote des femmes n’est pas si récent et on discute des droits des femmes. « Dis maman, la petit souris, elle fait comment pour pas confondre les dents des enfants quand elle les récolte ? » J’explique que pour elle, le plus important c’est juste d’avoir une dent de plus et de donner un petit cadeau pour ça. Je sens bien que tu t’interroges un peu sur cette tradition mais je veux te laisser cette petite naïveté si rafraîchissante. D’autres se chargeront bien assez tôt de rompre ce petit secret. « Dis maman, on tourne à gauche maintenant parce que sinon c’est plus long… » J’explique les côtés deux à deux égaux du rectangle que forment les rues du quartier. « Maman, tu as vu, de l’autre côté de la grille, c’est la cour où on joue à courir vite ». Je te confirme que c’est certainement toi le plus rapide, tu souris un peu mais tu me dis que parfois, tu n’es que deuxième « parce que G, il est plus grand, tu sais Maman « . On passe la porte, tu accélères le pas car tu as hâte de retrouver ta maîtresse. Je te vole un baiser que tu me donnes de bon coeur. « Tu viens me chercher, hein maman? ». Oui, évidemment, toujours, je serai là. Je repars, regonflée à bloc par cette petite marche tes pas dans les miens, juste 10 min de rien du tout, juste un trajet banal vers le centre aéré de l’été mais surtout une bouffée intense de toi, un petit moment tout doux dont les mots me trottent dans la tête depuis 2 mois, un souvenir que je ne veux pas oublier et qui durera l’éternité virtuelle de ce blog.

 

10 Responses

  1. Christelle

    Ces petits moments qui nous font sourire à la vie 🙂
    Chez nous aussi la petite souris a eu la vie longue, quand au vrai père Noël, il faut juste savoir le différencier des faux…
    Tu fais bien d’écrire ce qui est beau 😉

    • Expatographies

      Je suis convaincue de l’importance de ces petites perles du quotidien.

  2. Brigitte Keramidas

    Tu fais bien d ecrire quand c est tout frais , on oublie tellement vite !
    Heureusement qu il y a les petits-enfants , pour faire revivre ces moments merveilleux .
    Bravo !
    Brigitte K

    • Expatographies

      Entre mamans… Avec nos petits derniers, c’est tellement particulier…

  3. nathalie gabilloux

    Moi aussi, le mien, je l’appelle « mon Loulou »…Il ne me parle plus de la petite souris depuis longtemps mais la tendresse est là, toujours et à jamais! Joli texte…

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