Le Temple de Poséidon

S’il y a un membre de la famille particulièrement heureux de notre arrivée en Grèce, c’est bien notre Teen Boy qui nous expliquait, à 7 ans, les légendes de la mythologie lorsqu’il se trouvait, dans un musée, face à un vase ou un bas-relief et qui, depuis, a dévoré tous les Percy Jackson. Du coup, il est toujours partant pour faire une sortie le week-end et aller voir un monument à la condition expresse qu’il marche le moins possible, objection que nous ignorons royalement, parents indignes que nous sommes. Comme il faut bien commencer l’intégration culturelle, il a sommé chaque membre de la famille de se choisir un dieu du Panthéon à sa convenance. Fort de son statut de petit dernier omni-puissant, le King Boy a choisi, en toute simplicité, Zeus ; le Teen Boy, capable de tremper des heures durant dans la mer, a élu Poséideon ; la Drama Teen a jeté son dévolu sur Artémis, la chasseresse, celle qui décoche des flèches plus vite que son ombre ; le Mâle a choisi le joyeux Dionysos et ses vignes ; quant à moi, qui d’autre que Déméter, celle qui fait pousser le blé (NDLR le végétal uniquement), pouvait me convenir ? Je laisse juge nos connaissances de la pertinence des choix, pas toujours raisonnés mais au final parfaitement adaptés ! Par conséquent, lorsque notre dévolu se jette sur un monument à la gloire de l’un de ces dieux, l’enthousiasme est en général de mise, même par la partie adoleschiante de la famille. Comme les dieux de la météo sont (encore) de notre coté en ce moment, nous en profitons pour explorer le bord de mer et nous avons visité, à la pointe sud de la Péninsule de l’Attique,  le cap Sounion, sur lequel se trouve le temple de Poséidon dominant la mer Egée depuis le 5e siècle avant JC. Olive sur la feuille de vigne farcie, la route côtière qui mène de Vioulagmeni à Sounion est très jolie avec de petites criques qui rappellent furieusement les calanques et des plages sans prétention où les Grecs, visiblement peu frileux, se baignent encore (les fous, au mois de novembre !).

Comme souvent en Grèce, à un lieu est associée une légende et c’est des falaises du cap Sounion que le roi Egée se serait jeté, de désespoir, dans l’eau (donnant donc son nom à la mer) en voyant arriver au loin les bateaux qui ramenaient son fils Thésée parti combattre le Minotaure. En effet, il avait été convenu que celui-ci devait, en cas de succès, hisser à son retour des voiles blanches et en cas d’échec, synonyme de décès de Thésée, l’équipage devait arriver avec des voiles noires. Ce petit détail ayant été oublié par Thésée, Alzheimer peut-être ou l’insouciance de la jeunesse qui sait ?, les bateaux, bien que victorieux, arrivèrent avec des voiles noires, déclenchant chez Egée cette réaction un peu radicale !

 Si notre installation en pays hellène n’est pas nécessairement facilitée par une arrivée au mois de novembre, sur le plan touristique, c’est en revanche idéal car le temple de Poséidon est un incontournable d’une visite à Athènes et nous n’étions qu’une petite vingtaine à regarder le magnifique coucher de soleil. Du temple, il reste des colonnes cannelées majestueuses que l’on regarde à quelque distance derrière une fine barrière, une bien sommaire protection contre les graffitis dont le plus célèbre est celui du poète Lord Byron (un vandale avant l’heure donc !) encore visible aujourd’hui parait-il. En revanche, ce ruban ne suffit visiblement pas à contenir la bêtise vanité humaine puisqu’au cours de notre présence, une jeune pouffiasse femme, très légèrement vêtue, franchit cette petite barrière afin de prendre, sous l’objectif de l’iPh* de son ami, des poses ridicules lascives en s’appuyant sur une pauvre colonne qui n’avait rien demandé si ce n’est un peu de respect depuis 2 millénaires.

C’est au coucher du soleil qu’il faut visiter le site pour voir derrière les colonnes doriques et dorées le disque rougeoyant, plonger dans les eaux de la mer Egée qui lentement devient violette, les îles et les bateaux au loin ajoutant à la beauté du spectacle.  Le spectacle est absolument magnifique comme l’a très constaté notre King Boy mais qui a cependant trouvé le « temple pas très beau car, tu comprends, il est tout cassé ! » (sic).

Infos pratiques :

– ouvert jusqu’au coucher du soleil ; hormis le temple lui-même, le site comprend les ruines d’un ancien « village » et offre une vue imprenable sur la petite plage en contrebas.
– payant : 4 euros.

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