Vocabulaire estival

En juin, à l’heure où certains faisaient leurs valises pour de bon (snif, vous allez nous manquer), la plupart des dialogues entre expatriés contenaient la phrase suivante : « Et vous, vous rentrez cet été ? » Anodin n’est-ce pas mais en réalité, pour une chipoteuse expatriée comme moi, tout est parfois question de sémantique. Avec ce « rentrez » innocent, moi je perçois un sous-entendu innocent  « chez vous, là-bas en France ». Bien qu’étant chipoteuse, je suis polie et au fait des convenances sociales et je réponds toujours poliment : « Oui, j’irai, comme chaque année, parfaire mes bourrelets avec la combinaison parfaite rosé/reblochon/saucisson ». Mais en réalité, moi, je ne « rentre » pas en France, j’y « pars » en vacances, avec mes valises, mes mouflets et ma voiture de location, en squattant chez les uns et les autres, pauvres malheureux envahis de notre présence. Ma maison, elle, est ici, pour le moment tout du moins, en Grèce. La France, comme je n’aime pas trop me l’avouer, je n’y joue finalement qu’un rôle de touriste très avertie qui sait où acheter le meilleur reblochon (bis), quelle route prendre pour éviter les bouchons de 16h et quel chemin prendre pour aller voir ce petit étang tranquille. Pour être tout à fait honnête, il a fallu que le Mâle soit très convaincant  (en vrai, il m’a menacée de me priver d’apéro pour les 6 prochains mois, quelle cruauté) pour que j’accepte de partir en France alors que la Grèce se baignait dans l’eau turquoise de la Mer Égée, se dorait la pilule sous le chaud soleil et mangeait du poulpe mariné dans les tavernes du bord de mer. Finalement, j’ai avec résignation tassé dans ma valise pantalons et pulls, y ai optimistiquement mis robes et shorts ainsi que raisonnablement (reblochon ter) pris mes baskets pour aller gambader telle une gazelle dans les vertes collines. Sur place nous avons échangé le bleu mer hellène pour le vert campagne gaulois. Nous avons fait le plein de kilomètres, pris des shoots de famille et de copains, caressé des chats rancuniers, bu trop d’apéros, mangé trop de reblochon (quater), couru dans la campagne vallonnée (beaucoup trop vallonnée), lassé les enfants à coup de photos de groupe. Comme chaque année, j’avais dit qu’on irait vraiment faire de la randonnée et comme chaque année, nous n’en avons pas fait puisque nous étions tellement occupés à lire dans le jardin, à papoter et à rigoler. Elles étaient chouettes ces vacances…

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