Expatriation : le premier mois, la vérité

Il y a tout juste un mois, nous arrivions avec nos valises et nos enfants pour nous installer en Grèce. A la date d’aujourd’hui, je fais des incantations au dieu des containers et à ses saints, les déménageurs pour que la semaine prochaine, à cette heure-ci je sois en train d’écrire un post depuis mon ordinateur, sur mon bureau, le regard adouci par la vue de mon intérieur parfaitement agencé. Il est cependant beaucoup plus probable que je sois en train de défaire des cartons, transpirant en parcourant la maison de haut en bas, mon cutter à la main et avec des questions existentielles telles que les serviettes de bain, dans le placard du palier ou dans celui de gauche de notre chambre ?
Comme tout le monde le sait, la vie de l’expatrié n’étant que paillettes et licornes violettes, je suis donc dans un rêve éveillé et je ne peux m’empêcher de partager ma journée-type d’un premier mois (mais en remettant toutefois en  évidence quelques vérités) :

7h – Ce que vous pensez : je regarde le soleil se lever derrière le Parthénon/sur la Mer Méditerranée (rayer la mention inutile).
La vérité vraie : même délabrée, la maison à notre gauche ne peut rivaliser avec les ruines antiques, celle à droite non plus !

8h – Ce que vous pensez : je m’installe à mon bureau devant mon ordinateur, je lis mes emails, réponds aux multiples demandes relatives à ce blog mais je décline les contrats mirobolants car, comprenez-vous, je suis déjà expatriée, je n’ai pas besoin de cela.
La vérité vraie : j’oubliais, je n’ai pas encore de maison. Je suis donc installée dans la cuisine/salon/salle à manger/chambre d’ado de notre logement temporaire sur une table microscopique qui présente le seul avantage d’être à deux pas (littéralement) de la cuisine et donc de la bouilloire, l’élément indispensable à ma survie en milieu hostile.

10h – Ce que vous pensez : je reçois un whatsapp de ma copine Anatoline/Cléopatre/Phèdra/Athina (rayer la mention inutile) pour aller prendre un café sur une jolie terrasse ombragée par des oliviers. Je saute dans ma voiture pour la rejoindre.
La vérité vraie : suis-je bête… Je n’ai pas encore d’amies (mais j’y travaille) et  pas de voiture non plus  (Le Mâle y travaille).

11h – Ce que vous pensez : j’en profite pour faire quelques courses au marché du coin. Un petit reblochon pour la tartiflette du soir et puis quelques mangues qui me font de l’œil, ce sera un dîner sympathique.
La vérité vraie : est-il possible de faire une overdose de feta et de fromage de brebis ? Et pour les fruits, oranges ou mandarines ? Je suis à deux doigts de commettre une folie : je pense prendre des bananes.

12h – Ce que vous pensez :  je déjeune d’une délicieuse spécialité locale dans un petit restaurant typique.
La vérité vraie : saleté de menu, tout est écrit en grec ! Je vais prendre… une salade grecque ou un gyros avec des frites alors…

14h30 – Ce que vous pensez :  mon fils va bientôt rentrer de l’école, je décide d’aller le chercher à pied pour prendre l’air. C’est agréable, le chemin est charmant, la marche bercée par le chant des oiseaux et baignée par l’odeur des pins.
La vérité vraie : L’autoroute (je crois pouvoir affirmer avec certitude que notre logement temporaire n’a pas été choisi pour son environnement) masque le bruit des oiseaux et je remercie chaque jour la déesse Hygie de nous préserver des innombrables déjections canines qui  minent perfidement les trottoirs.

17h – Ce que vous pensez :  les grands viennent de rentrer . Nous débriefons la journée d’école en devisant gaiement. Je propose mon aide éventuelle pour les devoirs qui est acceptée avec bonne humeur.
La vérité vraie : erreur, ce sont des ados ! Oublions donc la plénitude et la cordialité…

18h – Ce que vous pensez :  j’emmène le petit à son cours de grec avancé sur souvlaki / chinois professionnel option dim sum/espagnol y tortillas (rayer la mention inutile).
La vérité vraie : j’avais oublié, pas de voiture, pas d’activités !

19h – Ce que vous pensez :  19h, le Mâle et moi sortons prendre un verre dans un bar trendy avec une vue imprenable sur le Pirée.
La vérité vraie : Euh, ils sont où les bars à la mode ?

22h – Ce que vous pensez :  nous rentrons dans notre maison endormie. Quelle belle journée c’était !
La vérité vraie : installés avec une tisane sur la table de nuit, le Mâle et moi décidons je décide de la place du canapé et du bureau dans notre nouvelle maison ! Le container sera livré dans 2 jours ! Quelle belle journée !

PS : la photo n’est pas celle de notre logis ;-).

Cet article a 12 commentaires

  1. C’est toooooooout à fait ça 😉 Et encore, vous êtes peut-être un degré en dessous de la vérité parce que vous ne paraissez pas plus hystérique ou épuisée que ça (l’expérience des multiples expats sans doute…). 🙂

    1. On devient forcément un peu fataliste et puis on sait que ça ne durera pas (trop) longtemps..Heureusement !

  2. Petit à petit, cette nouvelle vie commence…

    1. Oui, tout doucement.

  3. Bonne installation !
    Dps mon retour à Paris, mon blog est en suspens !

    1. Merci ! Cela ne saurait tarder.

  4. Haha j’adore !!
    Bon courage pour le vidage de container 😉

    1. Merci ! Nous en aurons besoin !

  5. Mdr! Sans être expatriée , je suis plutôt dans la catégorie du « ce que vous pensez », merci de nuancer le tableau^^!

    1. Merci de votre recul sur la question 😉 !

  6. J’aime beaucoup cette idée du Ce que vous pensez VS la vérité vraie. Etant moi même expat (mais sans enfants) je me retrouve dans cet article finalement très sympa à lire!!!

    1. Le fait d’avoir des enfants ne change pas grand-chose à l’affaire de ce 1er mois je crois. Merci de passer par ici !

Laisser un commentaire

Fermer le menu